C'est fini, nous avons rendu notre verdict, sur la petite sélection que nous avions réussi à avoir (merci Sylviane et les bibliothèques du Grand Grenoble qui nous ont prêté 12 livres).
Notre choix se porterait sur

1. Un héros
2.Sauver Mozart
3.Ce qu'il advint du sauvage blanc
4.Couvre-feu d'octobre

2013-0211-4

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"La théorie de l'information" d'Aurélien Bellanger chez Gallimard

La théorie de l'information est une épopée économique française. De l'invention du Minitel à l'arrivée des terminaux mobiles, de l'apparition d'Internet au Web 2.0, du triomphe de France Télécom au démantèlement de son monopole, on assistera à l'irruption d'acteurs nouveaux, souvent incontrôlables. La théorie de l'information est l'histoire de Pascal Ertanger, le plus brillant d'entre eux. Adolescent solitaire épris d'informatique, il verra son existence basculer au contact de certains artefacts technologiques : éditeur de jeux en BASIC, pornographe amateur, pirate récidiviste et investisseur inspiré, il deviendra l'un des hommes les plus riches du monde. La théorie de l'information raconte aussi comment un article scientifique publié en 1948 a révolutionné l'histoire des télécommunications et fait basculer le monde dans une ère nouvelle, baptisée Âge de l'information. Pascal Ertanger s'en voudra le prophète exclusif. La théorie de l'information évoque enfin le destin d'une planète devenue un jouet entre les mains d'un milliardaire fou.

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vidures

« Vidures » de Donikian Denis chez Actes Sud

Cette journée-là contient toute une vie, face au mont Ararat, sous le bleu du ciel et le rire des mouettes, les pieds dans la boue, entre une immense décharge et un cimetière. Poète contrarié, journaliste-pamphlétaire clandestin, perdant magnifique, fils en fugue, orphelin inconsolable, chiffonnier de fortune dans cette Arménie en ruine qui ressemble diablement à sa décharge, un nommé Gam' conduit cette danse folle, dangereuse et salvatrice, épique et dérisoire : la traversée d'un jour parmi les sans-rien qui fouillent les entrailles de la ville pour en faire leur festin. Et Gam' nous prête ses yeux, ses oreilles et ses sens pour appréhender une réalité de fable ou de mauvaise blague historique aussi invraisemblable que réaliste, aussi anachronique qu'actuelle.

Vidures prend tout un peuple, tout un pays au collet pour sonner le réveil des damnés de l'Histoire. Avec une rage pleine d'amour pour ses semblables si constitutivement vaincus, une lucidité acérée, l'humour des dépossédés et un sens de la fête proche de l'instinct de survie, Denis Donikian dresse un diagnostic sans appel - mais pas sans espoir. Car tant qu'on racontera leur histoire, il y aura des hommes pour se lever et, vent debout, faire advenir des lendemains libres et dignes. C'est le pari de la littérature que de vouloir le croire.

 L'avis des lecteurs055

Je me suis arrêtée au chapitre 16 - vraiment trop confus - Quant à l'histoire, la 4e de couverture résume tout. Il faut sans doute beaucoup de temps pour digérer tous ces noms de pauvres gens, toutes ces expressions et ces termes en arménien. Cela dit, ce n'est pas inintéressant, mais je trouve ça cruellement sans espoir, humour noir très très noir…


rester sage

« Rester sage » d’Arnaud Dudek chez Alma Editeur

 Enfant, il imaginait que, s'il restait sage, il réussirait sa vie. Grossière erreur. À 32 ans, Martin Leroy a tout perdu, sa petite amie et son emploi. Mais pas son énergie. Il décide donc un beau matin de consacrer toute la journée à son ancien patron et de se présenter chez lui. Pour lui faire rendre gorge certainement. Mais la journée va s'avérer plus riche et variée. Le jeune homme va croiser une buraliste, un collégien, des amoureux, un pigeon, un homme séquestré - et surtout son ami d'enfance qui lui rappelle des faits saignants. D'un commun accord, à la tombée du jour, ils concluront que leur vie n'est pas vraiment fabuleuse et qu'il faudrait faire quelque chose... Mais quoi ? 

 L'avis des lecteurs

055Un homme jeune a perdu son emploi, et sa femme, et veut se venger de son ex-patron. En chemin, il croise des personnages qui ont semble-t-il quelque chose à lui apporter… Mais quoi ? Comme dit la 4e de couverture, on n'en saura pas plus. Encore un livre inutile mais au moins il a la décence d'être court.
007Pour un autre lecteur, le jugement est moins sévère, en particulier en raison de la qualité de l'écriture : Quelques belles tournures pour saisir le monologue intérieur, un temps resserré (une journée) avec des flash-back bien maîtrisés et une plume incisive pour expliquer aujourd'hui en partant d'hier.


GARDE François COUV Ce qu'il advint du sauvage blanc

« Ce qu'il advint du sauvage blanc » de Garde François chez Gallimard

 Au XIXe siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot français, est abandonné sur une plage d'Australie par son équipage qui a pris la fuite. Dix-sept ans après, il est retrouvé nu, tatoué, habile à la chasse et à la pêche et ayant totalement perdu l'usage de la langue française. Octave de Vallombrun le recueille à Sydney pour sa rééducation.

 L'avis des lecteurs057

Déjà lu, pas relu. Ce qui m'a surtout impressionnée, c'est la capacité incroyable qu'à l'humain (mais sans doute parce que dans ce cas-ci le type est illettré), d'oublier sa langue maternelle.


 

HAMELIN Lancelot COUV Le couvre-feu d'octobre

« Le couvre-feu d'Octobre » de Hamelin Lancelot chez Gallimard

Octavio, jeune Français d'Oran, en Algérie, vit une passion avec Judith. Mais l'été 1955, il doit tout quitter pour rejoindre Paris afin d'y suivre ses études universitaires. Lasse de l'attendre, se sentant abandonnée, Judith se jette dans les bras du frère aîné d'Octavio et l'épouse. En 1957, le couple débarque à son tour en métropole. Alors qu'Octavio s'engage dans la lutte clandestine aux côtés du FLN, son grand frère, qui est policier, choisit le camp de l'OAS. Dès lors, la tragédie est scellée entre ces trois-là, qui, malgré leurs trahisons, les querelles et tout ce qui les sépare, continuent de s'aimer en secret...

Avec ce roman d'amour somptueux, qui s'inscrit dans la lignée de L'adieu aux armes d'Ernest Hemingway, Lancelot Hamelin nous fait revivre les violences de la guerre d'Algérie qui ont été commises sur le territoire français, notamment à Paris, en veillant à montrer les crimes et les tourments des deux camps.

L'avis des lecteurs057

Le style : très touffu. Une chose m'a gênée : ce parti pris de ne pas mettre de majuscule à Dieu, ce qui peut se comprendre de la part d'un communiste, mais il en met à Juif, Arabe, Noir, Peuple Mondial, etc.… Sauf une fois p168 (vous voyez, j'ai lu toutes les pages !)
L'histoire : j'ai appris tout ce que je ne savais pas sur la guerre d'Algérie, mais c'est surtout vu du côté du FNL, quoiqu'il ait mis son "beau-frère" (l'auteur dit "je") du côté flics/OAS. L'histoire d'amour est faite pour faire passer le texte !


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"Un héros" de Félicité Herzog chez Grasset

« Jusqu'où faut-il remonter pour trouver la source d'une tragédie personnelle ? Les mensonges de la guerre à la génération des grands-parents ?
Ceux de mon "héros" de père, parti à la conquête du sommet mythique de l'Annapurna en 1950 et laissant dans les cimes de cette ascension glorieuse une part de lui-même qui le rendra perpétuellement metteur en scène de sa légende ?
La liberté d'une mère séductrice et moderne, trop intelligente pour son temps, trop rebelle pour son milieu ? La fraternité fusionnelle et rivale de deux "enfants terribles" élevés dans une solitude commune et dans le culte de l'exploit ?
Toujours est-il que mon grand frère Laurent, promis à un destin magnifique, finira en vagabond des étoiles hirsute et fou; retrouvé par la police après des mois de fuite... jusqu'à sa chute prévisible.
C'est lui ou moi : ce fut lui...
Ce roman de notre fraternité blessée, je le lui dois. »

 L’avis des lecteurs 057

Lu avec avidité par les lecteurs qui précisent que contrairement à ce que disent les médias qui insistent sur la fille qui règle ses comptes avec son père, le livre est plus largement sur l'histoire familiale, sur son enfance au sein de la famille Schneider. C'est très bien écrit, intéressant, accablant mais surtout par le poids de la famille. L'auteure rend hommage à son frère, sans voyeurisme. On apprend beaucoup sur le fonctionnement de l'industrie "paternaliste" car c'est véritablement une page d'histoire sur le XIX siècle industriel.


 Sauver Mozart

 « Sauver Mozart » de Jérusalmy Raphaël chez Actes Sud

 

 De juillet 1939 à août 1940, le journal d'Otto J. Steiner, critique musical salzbourgeois reclus dans un sanatorium en déshérence au cœur d’un monde qui tombe en miettes. En orchestrant la vengeance de la musique contre l’Histoire, Raphaël Jerusalmy signe le roman irrésistiblement cruel et drolatique d’un destin à deux doigts de changer celui du siècle.

L’avis des lecteurs

057Décidément, cet éditeur sait trouver les bons livres. Quel "délicieux" ouvrage ! Histoire abominable puisqu'il s'agit du journal d'un malade phtisique à Salsbourg dans un hôpital en 39-40. Un connaisseur musicien à qui l'on finira par demander de l'aide pour composer le programme des festivals de l'été… Et à la dernière page (151) montre que la musique n'adoucit pas forcément les mœurs. Lecture à recommander chaudement.

057Un autre lecteur insiste sur le poids du nazisme sur la culture, et sur cette vision de la résistance musicale !


 

Sans titre"Le syndrome de glissement" de Elisabeth Laureau-Daull chez Arléa

Syndrome de glissement : détérioration rapide de l’état général d’une personne âgée. En choisissant Les Mouettes, une maison de retraite de la banlieue parisienne, Madame Julienne, 85 ans, espérait finir sa vie sereinement. Or, ce n’est pas le cas. Elle découvre aux Mouettes le tragique ordinaire des maisons de retraite et, malgré sa révolte et sa vitalité, elle se sent peu à peu niée, gommée, piégée. Impuissante face à sa vieillesse et celle des autres pensionnaires, elle décide néanmoins d’entreprendre un journal, où elle consigne par le menu les détails de leur vie quotidienne qui, peu à peu, les enferment dans l’infantilisme et les privent insidieusement de toute liberté d’action ou de pensée. Cet acte d’écriture l’aide à garder l’espoir. Mais les découvertes qu’elle y fait sur elle-même et l’histoire de sa vie la perturbent profondément. À l’heure des bilans, c’est l’obsession d’une autre vieillesse, celle d’Adélaïde, sa grand-mère tant aimée qui se fait jour. S’engage alors un bras de fer entre elle et l’administration. Julienne prendra la tête d’une fronde qui secouera un moment les pensionnaires. Mais le combat est inégal. Julienne s’épuise, se laissant aller à ce syndrome de glissement qui semblera avoir raison d’elle.

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Sans titre"La Marche en Forêt" de Leroux Catherine chez Carnets Nord

 

C'est un roman à plusieurs voix qui retrace le chemin des différents membres d'une même famille, la famille Brûlé, au Québec. Toutes les histoires se déroulent au même moment sauf celle d'un personnage, qui revient sans que l'on comprenne le lien avec les autres : Alma. Les personnages principaux sont Fernand, le vieux père de famille qui vient de perdre sa femme adorée et en rencontre une autre, plus jeune, Emma - qui a du mal à se faire accepter dans ce clan ; ainsi que ces quatre enfants : Jacques, Luc, Normand et Françoise. Autour de cette trame centrale se greffe d'autres vies et d'autres profils qui forment une fresque où les personnages secondaires sont aussi attachants que les principaux. Les histoires racontées ici sont diverses : des histoires d'amour compliquées entre une jeune femme et un homme autiste dont elle s'occupe ; la reconstruction d'un couple après une infidélité ; un ménage qui se forme malgré une différence d'âge et les réticences de l'entourage ; un autre qui se sépare par ennui. Des histoires d'enfants : Marc a des jumeaux ; Nicole se décide à adopter après avoir été célibataire très longtemps ; Justine a un enfant avec son patient autiste. Des histoires de famille : Hubert, jeune cousin accusé de plusieurs viols et emprisonné, retrouve un sens à sa vie en se vouant à la religion ; Marc et Ève, deux cousins aux relations ambiguës. Des histoires de temps qui passe et vous affaiblit : Fernand, dont on découvre petit à petit qu'il a la maladie d'Alzheimer, Emma qui a un AVC et ne peut plus vivre seule. Dans la maison familiale où tout le monde se croise, les liens se créent ou se rompent, les secrets éclatent, les vies commencent ou se terminent. À la fin du roman, on comprend aussi qui est Alma, personnage un peu étrange et sauvage de femme chasseresse, qui participe à la guerre de Sécession, figure de Calamity Jane violente et sans pitié, qui plane au-dessus du tableau : l'arrière grand-mère du clan Brûlé. Et leur histoire à tous prend alors une autre dimension, plus tragique, malgré la vivacité qui jaillit à chaque page du roman, on entend aussi le roulement de tambour sous-jacent et la tension inhérente à toutes les histoires de famille. Un premier roman très prenant, subtilement construit, sélectionné par le prix des libraires au Québec. Une écriture toute en finesse.

 

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Sans titre"Le meilleur des jours" de Yassaman Montazami chez Sabine Wespieser

Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l’écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l’immense chagrin causé par sa perte.
Né avant terme, condamné puis miraculé, l’enfant adulé par sa mère, qui jamais ne lui refusa rien, fut nommé Behrouz – en persan : « le meilleur des jours » –, un prénom prédestiné pour un futur idéaliste épris de justice et un pitre incapable de prendre la vie au sérieux.
Envoyé en France pour y poursuivre des études qu’il n’achèvera jamais, il participe à sa manière aux événements révolutionnaires de 1979, au cours desquels l’Iran bascule de la monarchie à la République islamique, en faisant de son appartement parisien un refuge pour les Iraniens en exil. Leurs chassés-croisés entre Paris et Téhéran donnent à l’auteur l’occasion de brosser une multitude de personnages improbables et issus des milieux les plus divers : une épouse de colonel en fuite, fanatique d’Autant en emporte le vent, un poète libertin, mystique et interdit de publication, un révolutionnaire maoïste enfermé à la prison d’Evin, et même un ancien chef d’entreprise devenu opiomane.
Évocation d’un monde aujourd’hui disparu, ce premier roman frappe par sa maîtrise et par l’acuité de son trait.

 

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POURCHET Maria COUV Avancer - copie_0

« Avancer » de Pourchet Maria chez Gallimard

 D'abord Victoria, jeune personne en quête d'avenir. Peu pressée de cotiser et convaincue que tout arrive, elle est disposée à étudier n'importe quelle offre du Destin - en dehors du travail. Victoria se tient donc la plupart du temps au balcon, dans un état de vigilance avancée.

Sous le même toit, Marc-Ange, quelqu'un d'assez facile à vivre. Jadis professeur de Victoria, il est aujourd'hui son compagnon alors qu'il s'était juré de ne pas tomber dans le panneau. De son prochain, Marc-Ange n'attend rien d'extraordinaire : qu'il aille voir ailleurs s'il y est. Ça ne l'empêche pas d'avoir un fils, le Petit, brillant sujet de dix ans prompt à donner son avis sur des questions extérieures à son champ d'expertise, dans une langue trop recherchée pour être honnête. 

Qui d'autre ? Les Dupont. En ce moment les Dupont - un jeune, un vieux, l'un poli l'autre non - vivent sur le trottoir, d'air frais et d'on ne sait quoi. Bref chacun est à peu près à sa place. Pour l'instant. Tout arrive, en effet. 

 L'avis des lecteurs
055Lu la moitié seulement. Qu'est-ce qu'elle attend de la vie ? Déprimant mais comme il ne se passe toujours rien au milieu du livre, j'ai trouvé cela bêtement artificiel et pseudo-intello aussi bien pour le style, apprêté, que pour l'histoire…


007Un autre lecteur : Personnellement, je n'ai pas vraiment accroché (cela n'engage que moi !), cela ne présage pas du potentiel de l'auteur car tout n'est pas inintéressant mais ce qui m'a le plus gêné, c'est le sentiment que cela témoigne d'une recherche formelle un peu gratuite et artificielle. Ainsi, le choix du narrateur, en l'occurrence de la narratrice, qui emploie tantôt le "je", tantôt parle d'elle à la 3e personne dans une sorte de dédoublement dont on ne voit pas trop l'intérêt. C'est aussi un peu décousu, on passe du coq à l'âne, c'est de toute évidence délibéré, ça fait partie de l'effet de recherche, mais là encore cela se voit trop.
En ce qui concerne les thèmes abordés : la marginalité, la séparation, la précarité, la petite délinquance… Ils sont dans l'air du temps… Un peu trop, peut-être même si pourquoi pas… Mais l'essai de renouveau de leur traitement par cette recherche formelle ne me convainc pas. Il me semble sentir l'influence de Pennac, (c'est très net dans l'épilogue, un des passages que j'ai bien aimé d'ailleurs), mais bon, voilà, on ne devient pas Pennac du premier coup…