Une plongée dans la littérature anglaise, maintenant, avec des romans bien documentés, où la touche d’humour très british permet d’aborder des thèmes graves sous couvert de légèreté…

On commence avec David Lodge

Professeur honoraire de littérature à l’université de Birmingham, David Lodge a enseigné de 1960 à 1987. Auteur de romans, de pièces de théâtre, il a publié cinq livres de critique littéraire, un recueil d’essais et « édité » des anthologies de textes classiques. L’Art de la fiction est paru en 1991 sous forme d’articles dans The Independant on Sunday.

Thérapie de David Lodge

Editeur : Rivages - Payot (20 janvier 1996)
Collection : Littérature étrangère
ISBN-10: 286930997X
ISBN-13: 978-2869309975

Lawrence Passmore a mal au genou. Mais son problème est beaucoup plus vaste. Il se livre en vain à toutes les thérapies possibles. Plus il se sent malheureux, plus les difficultés conjugales et professionnelles semblent s'accumuler. Ses tentatives d'aventures sexuelles sont loin de lui apporter la compensation souhaitée. Jusqu'à la trouvaille finale...David Lodge nous fait ressentir avec une drôlerie inimitable l'accablement croissant de son narrateur. Au passage, il dresse un portrait caustique du monde de la télévision... et des thérapeutes. C'est une vérité profonde de notre univers quotidien qui passe à travers le divertissement.

L'avis des lecteurs 057

Un petit détour sur les chemins de Compostelle pour faire un clin d'œil aux dernières lectures présentées (Le dernier Ruffin ). Un début un peu laborieux, mais ensuite humour et pathétisme alternent avec brio. On le trouve à la bibliothèque de l'Alpe.

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Pensées secrètes de David Lodge

Traduction de Suzanne-V Mayoux

Editeur : Payot-Rivages (4 janvier 2002)
Collection : Littérature étrangère
ISBN-10: 2743608765
ISBN-13: 978-2743608767

Rien de plus personnel que les idées qui nous traversent. Rien de plus insondable que le fonctionnement du cerveau… et les pensées des autres. Comme tout Lodge qui se respecte, Pensées secrètes se déroule dans une université (à Gloucester), entre deux intellectuels (un chercheur et une romancière) que tout semble séparer au départ. Lui, quinquagénaire adepte de siestes crapuleuses, est directeur du département de sciences cognitives (entendez par là : "l'étude systématique du fonctionnement de l'esprit"). Entre physique quantique et intelligence artificielle, il fait l'inventaire de ses conquêtes. Elle, jeune veuve au sens moral perturbé par les avances du charmeur-chercheur, est invitée à l'université pour animer des ateliers d'écriture. Tous deux tiennent un journal et explorent leur fonctionnement cérébral et émotionnel. Lui prend pour objet d'étude le déballage de ses fantasmes croustillants. Elle couche sur son écran le vacillement de sa bonne conscience.
Égal à lui-même, l'auteur nous livre une subtile confrontation de points de vue et la rencontre explosive de deux jardins secrets. Il détourne les recherches actuelles sur le cerveau par un duel intellectuel et un duo charnel savoureux. De la conscience phénomène chimique à la conscience territoire de l'art, les deux personnages se rejoignent au final sur la bizarrerie de l'instinct sexuel qu'il ne s'agit plus d'étudier… mais de consommer. Rien ne résiste à l'humour de Lodge, ni la tradition du journal intime ni quelques plumes britanniques pastichées au passage. Ses "accros" y trouveront leurs repères habituels : ironie plaisante et sarcasmes cultivés sont en effet de mise. --Claire Pardieu

L'avis des lecteurs 057

Des jeux des mots, des situations burlesques, une intrigue haletante, finement écrite où même les digressions scientifiques sont intéressantes : du David Logde imaginatif et inventif… On le trouve à la bibliothèque de l'Alpe.

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L'Auteur ! L'Auteur ! de David Lodge

Traduction de Suzanne-V Mayoux

Editeur : Rivages (3 janvier 2007)
Collection : Rivages poche
ISBN-10: 2743616199
ISBN-13: 978-2743616199

Dans le précédent roman de David Lodge, Pensées secrètes, Henry lames apparaissait en filigrane. Dans celui-ci, il se tient au centre de la scène. Fourmillant de personnages - Oscar Wilde, Guy de Maupassant, George Bernard Shaw, et d'autres moins célèbres -, L'Auteur ! L'Auteur ! nous plonge dans la vie littéraire et théâtrale d'une Angleterre délicieusement victorienne. Avec le mélange irrésistible d'humour britannique et d'ironie brillante qui le caractérise, David Lodge nous dévoile, à travers la vie captivante d'Henry James, les rêves des gens de plume.

L'avis des lecteurs 057055

Ce livre est à la fois un roman et une biographie de Henry James avec à la fois la vie de James mais aussi les interrogations et les angoisses de l'écrivain, de tous les écrivains. C'est très drôle et très cultivé alors que cela aurait pu être un peu aride. On le trouve à la bibliothèque de l'Alpe.

Mais un autre lecteur a trouvé ce livre totalement indigeste ! À suivre, donc…

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La vie en sourdine de David Lodge

Editeur : Rivages; Édition : Rivages (28 août 2008)
ISBN-10: 2743618442
ISBN-13: 978-2743618445

Desmond a des problèmes d'ouïe. Et d'ennui. Professeur de linguistique fraîchement retraité, il consacre son ordinaire à la lecture du Guardian, aux activités culturo-mondaines de son épouse, dont la boutique de décoration est devenue la coqueluche de la ville, et à son père de plus en plus isolé là-bas dans son petit pavillon londonien. Lors d'un vernissage, alors que Desmond ne comprend pas un traître mot de ce qu'on lui dit et répond au petit bonheur la chance, une étudiante venue d'outre-Atlantique lance sur lui ce qui ressemble très vite à une OPA. Pourquoi Desmond ne l'aiderait-il pas à rédiger sa thèse ? Le professeur hésite. Pendant ce temps son père, martial, continue à vouloir vivre à sa guise et son épouse à programmer d'étonnants loisirs... Comique, tragique, merveilleusement autobiographique, le nouveau roman de David Lodge s'inscrit dans le droit fil de Thérapie.

L'avis des lecteurs 057

Rire sur la surdité ? Mais oui ! Et une belle occasion de réfléchir sur le handicap, le temps qui passe et la vieillesse… Ce roman est délicieusement ironique tout en étant parfois grave, les personnages sont attachants. Yvonne Couturier en fait une belle traduction qui transpose à merveille ce charme typiquement anglais… On le trouve à la bibliothèque de l'Alpe.

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On poursuit avec Jonathan Coe, déjà abordé avec "la pluie, avant qu'elle tombe"

Né en 1961 à Birmingham, Jonathan Coe est l'un des auteurs majeurs de la littérature britannique actuelle. On lui doit notamment Testament à l'anglaise, prix du Meilleur Livre étranger 1996, La maison du sommeil, prix Médicis 1998, le diptyque que forment Bienvenue au club et Le Cercle fermé, et La pluie, avant qu'elle tombe.

La vie très privée de Mr Sim de Jonathan Coe

Traduction de Josée Kamoun
Editeur : Gallimard (20 janvier 2011)
Collection : Du monde entier
ISBN-10: 2070129748
ISBN-13: 978-2070129744

Maxwell Sim est un loser de quarante-huit ans. Voué à l’échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l’échec à l’âge adulte (sa femme le quitte, sa fille rit doucement de lui), il s’accepte tel qu’il est et trouve même certaine satisfaction à son état. Mais voilà qu’une proposition inattendue lui fait traverser l’Angleterre au volant d’une Toyota hybride, nantie d’un GPS à la voix bouleversante dont, à force de solitude, il va tomber amoureux. Son équipée de commis-voyageur, représentant en brosses à dents dernier cri, le ramène parmi les paysages et les visages de son enfance, notamment auprès de son père sur lequel il fait d’étranges découvertes : le roman est aussi un jeu de piste relancé par la réapparition de lettres, journaux, manuscrits qui introduisent autant d’éléments nouveaux à verser au dossier du passé. Et toujours Max pense à la femme chinoise et à sa fille, aperçues dans un restaurant en Australie, dont l’entente et le bonheur d’être ensemble l’ont tant fasciné. Va-t-il les retrouver ? Et pour quelle nouvelle aventure ? Brouillant joyeusement les cartes de la vérité et de l’imposture, Coe l’illusionniste se réserve le dernier mot de l’histoire, qui ne manquera pas de nous surprendre. Plus d’une génération va se reconnaître dans ce roman qui nous enchante avec un humour tout britannique, bien préférable au désespoir.

L'avis des lecteurs 057

Un road movie inattendu avec un dépressif qui parle à son GPS, à la recherche d'une vraie relation humaine. On trouve des situations drôles, voire extravagantes, des relations humaines atypiques et intéressantes, et un regard critique sur la société anglaise et la mondialisation. On le trouve à la bibliothèque de l'Alpe.

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On continue avec Ian McEwan

Ian McEwan a passé une grande partie de sa jeunesse en Extrême-Orient, en Afrique du Nord (en Libye), et en Allemagne, où son père, officier dans l'armée britannique, était envoyé. Il a fait ses études à l'université du Sussex et l'université d'East Anglia, où il a été le premier diplômé du cours d'écriture créative créé par Malcolm Bradbury. Insolite et insolente, provocatrice, hautement originale, l'œuvre de Ian McEwan surprend par ses tours de force de concision et d'humour. L'auteur joue avec les énigmes qui sont l'essence de la narration. Tous ses romans affichent une parenté lointaine, sous forme de simulacre, avec l'énigme policière. Il a publié plusieurs nouvelles et romans pour adultes et, en 1994, «Le Rêveur», un recueil de nouvelles pour la jeunesse.

Sur la plage de Chesil de Ian McEwan

Traduction de France Camus-Pichon

Editeur : Folio (21 janvier 2010)
ISBN-10: 2070402533
ISBN-13: 978-2070402533

«Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…» Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l'Angleterre d'avant la révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu. Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l'alternance des points de vue et la présence obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l'ambiguïté, et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d'une vie.

L'avis des lecteurs 057

Commentaires enthousiastes des deux lecteurs qui ont lu pour cette magnifique histoire d'amour inhabituelle et inaboutie. Un roman très fort, d'une grande finesse et intelligence, situé au début des années soixante, où la transition entre un monde pudibond et un monde de liberté sexuelle est mise en scène de manière très subtile et aussi très violente. On le trouve à la bibliothèque de l'Alpe.

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Samedi de Ian McEwan

Traduction de France Camus-Pichon

Editeur : Folio (10 janvier 2008)
ISBN-10: 207035024X
ISBN-13: 978-2070350247

Pour Henry Perowne - neurochirurgien réputé, mari heureux, père comblé d'un musicien de blues et d'une poétesse - ce devait être un samedi comme les autres. Pas question d'aller défiler contre la guerre en Irak. Plutôt goûter les plaisirs de la vie. Et pourtant… Un banal accrochage, et voilà la violence qui surgit dans son existence protégée. Henry aura beau tenter de reprendre le fil de sa journée, ses vieux démons et le chaos du monde le rattraperont sans cesse durant ces vingt-quatre heures, au terme desquelles plus rien ne sera jamais comme avant. Tout en faisant diaboliquement monter le suspense, McEwan entrelace événements planétaires et privés avec une telle virtuosité que cet étrange samedi devient la métaphore de toute une vie, de toutes nos vies fragiles d'Occidentaux pris dans la tourmente de ce début de siècle. Et cette réflexion profonde sur le hasard et le destin, les pouvoirs respectifs de la science et de l'art, la quête d'un sens qui résisterait à la mort, nous montre une fois de plus, après Expiation, un romancier parvenu à la plénitude de son talent.

L'avis des lecteurs 057

Quand une vie bien réglée d'Occidental privilégié bascule en un instant avec la découverte de la présence permanente et incompréhensible de la violence gratuite. Rien n'aurait du arriver, et pourtant, tout s'enchaîne…  Les personnages sont déjantés, il y a de l'humour. Ce n'est pas un thriller, le rythme est lent, mais la tension monte par paliers. On le trouve à la bibliothèque de l'Alpe.

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Et encore un avec John Lanchester

John Lanchester est né à Hambourg en 1962. Il a fait tous les métiers d'écriture: reporter sportif (football), rédacteur de notices nécrologiques, correcteur, critique gastronomique, rédacteur en chef de la London Review of Books, qui, avec le New Yorker, publie régulièrement ses articles. Il a reçu de nombreux prix au cours de sa carrière, ses livres sont traduits en 25 langues à travers le monde. Il vit à Londres avec sa femme et ses deux enfants.

Chers voisins de John Lanchester

Traduction d'Anouk Neuhoff et Suzy Borello

Editeur : Plon (24 octobre 2013)
Collection : Feux croisés
ISBN-10: 2259218539
ISBN-13: 978-2259218535

 Chaque maison a son lot de premiers pas et de derniers souffles, derrière chaque porte, les familles se déchirent ou se forment, se rassemblent ou se délitent. Leurs destins ne font que se croiser, pourtant elles partagent une chose, leur rue. Et Pepys Road est en train de changer de visage. Petunia est la doyenne de la rue. Elle s'est installée là jeune mariée, elle y a été heureuse, puis son mari est mort, et maintenant, de retour d'une visite médicale, elle contemple sa maison et se demande si cela vaut le coup de la vendre pour soigner la tumeur qui la tuera de toute façon. Arabella et Roger Youth, bien loin de ce genre de soucis, pensent au bonus que la banque donnera à Roger en fin d'année, et à la façon de le dépenser. L'épicerie de la rue est tenue par une famille pakistanaise: Mohammed, sa femme et ses deux enfants vivent dans le minuscule appartement au-dessus du magasin. La clientèle s'embourgeoise, voire s'enrichit, la surveillance privée se développe. Parmi les "officiers" qui patrouillent dans le quartier, Quentina, qui ne sait pas si elle doit se sentir protégée ou non par son uniforme, et préfère éviter la police. Elle n'a pas de papiers. Il y a quelques semaines Freddy non plus n'avait pas de permis de séjour, jusqu'à ce qu'un club de foot décide de lui faire quitter le Sénégal pour Pepys Road.  Depuis quelque temps, chacun d'entre eux, en relevant le courrier, trouve dans sa boîte aux lettres un message énigmatique et désagréable: "Nous voulons ce que vous avez." Les messages se multiplient, toujours les mêmes, avec bientôt des photos des maisons. Qu'ont-ils tous qui suscite l'envie? Qu'ont-ils tous qui les rassemble? Construction chorale dans la grande tradition du roman réaliste, tirant ses influences des grands romans russes à Balzac, et jusqu'à Franzen, Chers voisins parvient à mettre en scène une véritable comédie humaine tout en maîtrisant à la perfection rythme, intrigue et style. Radiographie de la fin d'une ère, le roman distille aussi une tension permanente: les bulles, financière, immobilière, sociale et familiale, sont toutes sur le point d'éclater.

L'avis des lecteurs 057

Ce roman très britannique est prétexte pour ausculter la vie de chaque famille dans l'immeuble, représentant diverses couches sociales locales, telle une radiographie du Londres d'aujourd'hui. Cela sent les choses vécues, avec un mélange de suspense et de psychologie. Seul regret : le titre racoleur mais mal choisi. C'est "Capital" en anglais car cela tourne autour des histoires d'argent, du prix des maisons, etc.…

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Un détour par Robert Goddard

Robert Goddard vit dans les Cornouailles. Il publie un livre tous les ans depuis 1986. Longtemps souterraine, son oeuvre vient d'être redécouverte en Angleterre et aux Etats-Unis, où elle connaît un succès sans précédent. 

 Par un matin d'automne de Robert Goddard

Traduction de Marie-José Astre-Démoulin

Editeur : Sonatine (6 mai 2010)
ISBN-10: 2355840482
ISBN-13: 978-2355840487

Entre Un long dimanche de fiançailles et Les Âmes grises, un roman passionnant dans la tourmente de la Première Guerre mondiale.

Fin des années 1990. Leonora Galloway entreprend un voyage en France avec sa fille. Toutes deux ont décidé d'aller à Thiepval, près d'Amiens, au Mémorial franco-britannique des soldats décédés durant la bataille de la Somme. Le père de Leonora est tombé au combat durant la Première Guerre mondiale, mais la date de sa mort gravée sur les murs du mémorial, le 30 avril 1916, pose problème. Leonora est en effet née près d'un an plus tard. Ce qu'on pourrait prendre pour un banal adultère de temps de guerre cache en fait une étrange histoire, faite de secrets de famille sur lesquels plane l'ombre d'un meurtre jamais résolu et où chaque mystère en dissimule un autre. Le lecteur est alors transporté en 1914 dans une grande demeure anglaise où va se jouer un drame dont les répercussions marqueront trois générations.

Dans ce livre envoûtant à l'épaisseur romanesque exceptionnelle, Robert Goddard allie le cadre et l'atmosphère des plus grands romans anglais, ceux d'Elizabeth George ou de Ruth Rendell, à un sens du suspense et de la réalité historique remarquables.

L'avis des lecteurs 007

Prix des lecteurs 2011 - on se demande un peu pourquoi. On est souvent agacé mais on continue la lecture car on apprend ce qu'était l'engagement britannique pendant la 1re guerre mondiale. C'est un mélange de roman un peu nunuche et de polar car il y a un meurtre non élucidé.