Vous souvenez-vous de ce moment fort en 2015 que nous avait offert Benoît Olivier, "Passeur vocal" sobre et pudique ?

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Cette lecture fait partie d’une trilogie intitulée "Ma parole est donnée" :
L’Intranquille de Gérard Garouste et Judith Perrignon, Une cicatrice comme une autre d’Eva Thomas
, En finir avec Eddy Bellegueule d’Édouard Louis

Chaque récit a comme point de départ un chaos, raconte ensuite la reconstruction d’un être humain, sa volonté de vivre, et nous montre comment l’art, l’instruction, le désir de transmettre, l’érudition, le désir d’apprendre, l’esprit de résistance, l’ouverture aux autres cultures, l’éthique, la connaissance de soi… peuvent contribuer à l’épanouissement, et conduire à l’apaisement. La trilogie constitue une œuvre dense, traversée par une formidable énergie, véritable souffle de vie et d'espoir.

Le 25 Novembre, à 20h, sera lu "En finir avec Eddy Bellegueule" d'Edouard Louis, à La Maison pour Tous les 4 Montagnes de Villard de Lans

 

Olivier Benoit

 

Sylviane a assisté le 16 novembre, en avant-première, à la nouvelle lecture de Benoît Olivier à la Librairie Decître, "Les faibles et les forts", de Judith Perrignon (lecture avec l'accord de l'auteur, comme pour Gérard Garouste et Edouard Louis).
Cette lecture parle de la discrimination, envers les noirs américains. C'est un texte très fort et très émouvant.

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Voici le retour de Sylviane :

Je ne connaissais pas ce roman de Judith Perrignon et je venais écouter cette lecture avec des a priori plus que favorables, après avoir lu, relu, écouté, réécouté le beau récit de" l’Intranquille" qu’elle avait écrit avec Gérard Garouste, hautement servi par le comédien Benoît Olivier.
Mais quand la barre est si haute, les prestations suivantes peuvent être périlleuses.

Après cette présentation de Benoît à l’invitation de la librairie Decitre mercredi 16 novembre, je sais que cette lecture fera un beau chemin et invitera chaudement à la lecture du roman dans son intégralité.

Une heure 30 d’écoute d’un roman bouleversant, polyphonique, à la chronologie bousculée, à la technique narrative très maîtrisée, intensément transmis par une voix qui ne trahit rien de la souffrance des laissés pour compte dans une Amérique où les clichés racistes sont proférés comme des évidences, où des humiliations ou des plaisirs refusés peuvent avoir un caractère de simple normalité, d’évidence abjecte, ou les stéréotypes se gravent de génération en génération. Roman universel sur fond d’esclavagisme et de ségrégationnisme. Les points de vue se succèdent, introduits par la seule citation du prénom des personnages, la violence physique et morale nous traverse, la grande Histoire et l’individuelle s’enchâssent douloureusement et l’on quitte la salle, révolté par le poids des réflexes imbéciles qui font qu’à notre époque, 60 % des enfants afro-américains ne savent pas nager…
L’émission radiophonique de la fin est un moment d’émotion et de prise de conscience intenses, tandis que l’énigmatique allusion à un certain Shine s’éclaire et se brise sur une formule cruellement et drôlatiquement acérée.

Un grand moment de lecture.
Le roman est paru en 2013, Benoît nous le livre à un moment où l’actualité lui donne un écho maximal.