Petite introduction aux Coups de cœur 2019 d'Al'Pages

A l’origine, ces romans devaient montrer la vie agricole, la vie paysanne sous une meilleure lumière. ils se sont développés dans la première moitié du XXème siècle, parallèlement à la révolution industrielle.

Ici, la vie simple, des valeurs simples mais profondes animent les héros, la vie rurale est montrée sous son meilleur jour, mais parfois aussi dans sa cruauté.

 

Ce genre a presque disparu à la fin du siècle pour réapparaître aujourd’hui sous une forme un peu différente.

 

Aujourd’hui le roman du terroir est plus un roman « régional », qui nous démontre la vie dans une région, dans un village, dans un endroit un peu reculé. Il fait penser aux « produits du terroir » que nous consommons.

  

Bien évidemment, de terribles drames secouent les intrigues, mais la coulisse reste la même.

D’autant plus que dans un endroit plus rural, un village où tout le monde connaît tout le monde, un monde presque clos, les sentiments sont plus exacerbés ! Et ces terribles secrets que tous les paysans semblent cacher …

  

Souvent les livres sont difficiles à classer. Ce n’est pas parce que le roman se déroule dans l’arrière pays de telle ville et qu’il met en scène un paysan qu’il s’agit d’un roman du terroir ! Le mélange des genres est très présent. D'ailleurs, le polar régional a désormais détrôné le roman de terroir.  Et la BD s'en empare à son tour...

 

Alors, ne boudez plus votre plaisir et savourez ces coups de cœur d'Al'pages !

 

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Télécharger ici:  Coup_de_coeur_grille_19 ,  la grille de notation, ou demandez-la à la bibliothèque

 

Pour en savoir plus

Les romans à terroir 

par Christine Ferniot - 17/02/2006

Extraits de l'article ici : Telerama

 

Longtemps cantonnée à louer la France profonde, elle s’ouvre à l’actualité, au polar…

Dans ces livres-là, les journées sont rythmées par la frappe régulière du maréchal-ferrant ou le craquement du bois dans la cheminée. On y croise le médecin partant pour sa tournée, l'institutrice avec ses élèves encapuchonnés. Le boulanger pétrit la pâte, les femmes sont au lavoir et les hommes dans les champs ou à la guerre.

Sommes-nous chez George Sand, Colette ou François Mauriac ? Plutôt sur les pas de Christian Signol, Jean-Guy Soumy, Jean Anglade pour les patriarches ou ceux d'Alain Dubos, Annie Degroote, Marie-Paul Armand, Jean-Paul Malaval ou Olivier Deck pour la nouvelle génération.

Des auteurs d'aujourd'hui dont le succès repose sur la nostalgie d'un monde rural aux valeurs rassurantes, le goût d'histoires sépia fortement enracinées dans une région précise, des vignes de l'Ardèche aux corons du Nord.

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« Les romans provinciaux racontent une France d'autrefois qui vivait au rythme des saisons aux antipodes de la période moderne et chaotique dans laquelle nous sommes, explique Pierre Scipion, éditeur chez Albin Michel. Les intrigues sont ainsi souvent construites autour de sagas familiales, ce sont des métiers oubliés qui vont servir de fil conducteur. » Et Jeannine Balland de préciser : « Tout ce qui est raconté sur les traditions, les métiers, la vie du village, la nourriture, doit être véridique. » Les époques les plus prisées se situent entre la guerre de 14 et celle de 40 et les héros sont des agriculteurs du Périgord, des filles des corons, des charpentiers de Franche-Comté, des enfants du Quercy.

Parallèlement à la vogue du tourisme vert, les lecteurs veulent retrouver des saveurs et des parfums qu'ils n'ont pas vraiment connus mais qui les rapprochent de leurs familles, de leurs racines. Voilà sans doute pourquoi le lectorat se retrouve aussi bien dans les grandes villes que dans les villages.

On a longtemps imaginé que le lecteur type était un (ou une) retraité(e), dévorant au coin du feu des fictions qui se déroulaient près de chez lui.

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A présent, des tables entières leur sont réservées, des acheteurs de tous âges s'y intéressent. A l'instar des auteurs. « Je me souviens très bien de ma surprise lorsque j'ai rencontré Marie-Paul Armand, dont j'avais lu sur manuscrit La Poussière des corons, raconte Jeannine Balland. Je m'attendais à une grand-mère racontant ses souvenirs et j'ai vu apparaître une jeune femme de 35 ans. » Même constat pour Pierre Scipion, qui insiste sur le renouvellement des auteurs. A côté des enseignants, des fonctionnaires et des journalistes à la retraite, on a vu apparaître de jeunes médecins, comme Alain Dubos, ou même une comédienne, comme Annie Degroote.

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Cette évolution permet également d'élargir les sujets abordés. Dans La Neige éternelle (Albin Michel), Olivier Deck parle du choc des générations à travers la rencontre d'un jeune beur avec son grand-père maternel qui ne porte pas les « Arabes » dans son coeur. « Je suis un enfant du Sud-Ouest, je revendique les paysages que je connais. J'aurais pu fuir par crainte d'être catalogué “écrivain régionaliste”, mais j'ai pris le parti de mettre en avant le Béarn. John Steinbeck, mon auteur de prédilection, écrivait sur sa rivière. » Et l'éditeur de rappeler que si La Neige éternelle a été mis en place à mille exemplaires, aujourd'hui il dépasse les dix mille.

Le genre aussi se diversifie : polar régional, roman historique, récits contemporains et même des fictions dépassant le cadre strict de la France profonde. Jeannine Balland a ainsi créé la collection « Sud lointain » pour narrer « des aventures situées dans les pays que les Français vont visiter et dont ils veulent connaître l'histoire et le passé ». Chez De Borée, on décline des collections tous azimuts. Au départ, cet éditeur auvergnat ne proposait que des romans sur le Massif central, avant de développer des collections sur tous les terroirs de France. Et même des ouvrages de photos comme Paysans, nos racines ou Vieux Métiers et savoir-faire de toujours. Résultat : De Borée publie aujourd'hui plus de quatre-vingts livres par an.

Le roman régional peine cependant à trouver sa légitimité. Trop de livres calibrés, trop de clichés nuisent à sa crédibilité, et la suspicion demeure face à certaines formes d'exaltation de la « ruralité ». De vrais livres existent pourtant, où les neiges d'antan ne sont pas forcément plus blanches qu'aujourd'hui. L'Orange de Noël, de Michel Peyramaure, ne retrace-t-il pas, par exemple, le combat d'une institutrice contre l'obscurantisme des villageois ? « Après la guerre, dit Claude Michelet, les Français ont renié leur origine paysanne. Cela faisait cul-terreux. Aujourd'hui, ils veulent savoir d'où ils viennent. » Désormais, ils n'ont que l'embarras du choix.