Livres et Palabres

20 octobre 2017

Workshop avec Peter Bauza

Info un peu tardive, mais au cas où il reste de la place…

logo maison de l'image

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WORKSHOP AVEC PETER BAUZA

 

DOKUMENTARFOTOGRAFIE
photographie documentaire 

1 - 3 - 5 novembre 2017 

à Maison de l’Image | Grenoble

 

 

Rejoignez Peter Bauza, photographe majeur invité pour la cinquième édition du Mois de la photo de Grenoble, pour un workshop sur la photo documentaire dans le quartier de la Villeneuve. Trois jours d’immersion pour regarder autrement ce quartier, redécouvrir son âme et son présent.
La rencontre avec le photojournaliste allemand aura comme objectif de transmettre aux participants la capacité de raconter une histoire à travers une série et de réfléchir sur le développement dun style personnel.

Après avoir présenté son travail, Peter Bauza accompagnera les participants dans un parcours de formation personnel au cours duquel des moments de prise de vue seront alternés à la lecture des clichés. Programme complet.

www.maison-image.fr

 

 

Photographe allemand reconnu à l’échelle internationale, Peter Bauza a été récompensé par de nombreux prix, parmi lesquels le Visa d’or lors du festival Visa pour l’Image 2016 et le Word Press Photo 2017. Il est l’un des photographes les plus engagés et sensibles de notre époque.

 


 

INFORMATIONS PRATIQUES

Pour participer
Envoyer un mail à eloise.pommies@maison-image.fr avant le 15 octobre 2017.
8 places disponibles.

Dates & horaires (à confirmer le 22 octobre)
Mercredi 1/11 de 11h à 17h, ven 3/11 de 14h à 18h, dim 4/11 de 10h à 18h

Prix
350 € (le prix comprend l’inscription au workshop, 1 adhésion à la Maison de l’Image,
le livre Copacabana Palace dédicacé par Peter Bauza)

Le workshop se tiendra en français et se déroulera à La Maison de l’Image
(97 galerie de l’Arlequin, Grenoble)

Contact : eloise.pommies@maison-image.fr // 04 76 40 48 35

Programme complet Mois de la Photo 2017 | Dossier de presse

 

Le Mois de la Photo est organisé par 
La Maison de l'Image de Grenoble.

1-26 Novembre 2017

Ancien Musée de Peinture

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17 septembre 2017

Anglais pour tous !

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14 septembre 2017

Les journées européennes du patrimoine à l'Alpe d'Huez

Enquête dans le passé d’Huez

À l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, jouez les Sherlock des temps modernes en résolvant une quarantaine d’énigmes pour devenir incollable sur le patrimoine de la station !

Participez en famille aux ateliers et visites proposées par les spécialistes du musée d’Huez et de l’Oisans, de l’association Notre-Dame des Neiges et du Groupe d’Études des Mines Anciennes.

Au musée, découvrez quelques-uns des inestimables objets sortis exceptionnellement des collections secrètes du musée : Un crâne humain du XIIe siècle, des ossements d'animaux, des fragments de bois et de flore… Des vestiges associés à une spécificité du métier d'archéologue (anthracologue, céramologue, xylologue…) expliquée à travers huit films d'animation.

À Brandes, plongez-vous dans le quotidien d'un village médiéval lié à l'exploitation d'une mine d'argent à travers les découvertes archéologiques et textes d'archives.  Une immersion dans le travail, l’alimentation, les croyances, la politique du XIIe siècle au cœur d’un site classé au titre des monuments historiques.

Et à l'église Notre-Dame des Neiges, percez les secrets de l’architecture originale et de l’orgue unique au monde, de la symbolique des célèbres vitraux d’Arcabas de cet édifice qui a obtenu le Label patrimoine en 2016.

Infos pratiques :

SAMEDI 16 SEPTEMBRE
14 heures - 16 h 30 : 2 ateliers "tout public"  au Musée d'HUEZ et de l'OISANS Durée : 1 h 30. Entrée gratuite.
Visite libre du musée de 14 heures à 19 heures

SAMEDI 16 SEPTEMBRE ET DIMANCHE 17 SEPTEMBRE
11 heures - 15 heures - 16 heures :  3 visites commentées  du site archéologique de Brandes Durée : environ 1 h 30. Entrée libre.
9 h 30 et 14 h 30 : 2 visites commentées  de l'Église Notre-Dame des Neiges Durée : environ 1 h 30. Entrée gratuite. Entrée libre de 8 heures à 18 heures.

Le livret d'enquête pour découvrir les trois sites patrimoniaux est disponible gratuitement à l'Office de Tourisme, au Musée, à Brandes et à l’Église.

Communiqué JEP 2017 Alped'Huez 1

Communiqué JEP 2017 Alped'Huez 2

 

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Inauguration du secteur jeunesse de la bibliothèque de Grand Place avec Folije !

 

Un grand rendez-vous familial à ne pas manquer :


Le 23 septembre à la bibliothèque Kateb Yacine à Grand'Place


Inauguration du secteur jeunesse


Au programme


Pas moins de 6 pôles d'animations (jusqu'à 10 ans) par l'association Folije


Des jeux, des histoires animées, des présentations de matériel…


Pour une après-midi de Foliland !

 

23 septembre 2017 Inauguration Jeunesse Kateb Yacine_Page_1

23 septembre 2017 Inauguration Jeunesse Kateb Yacine_Page_2

 

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02 septembre 2017

Les livres de juillet (2ème partie)

2017-0714 Café littéraire (2) - 1 sur 1

 

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Repose-toi sur moi de Serge Joncour

Editeur : Flammarion (17 août 2016)
Collection : LITTERATURE FRA
ISBN-10: 2081306638
ISBN-13: 978-2081306639

Aurore est une styliste reconnue et Ludovic un agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils n'ont rien en commun si ce n'est un curieux problème : des corbeaux ont élu domicile dans la cour de leur immeuble parisien. Elle en a une peur bleue, alors que son inflammable voisin saurait, lui, comment s'en débarrasser. Pour cette jeune femme, qui tout à la fois l'intimide et le rebute, il va les tuer. Ce premier pas les conduira sur un chemin périlleux qui, de la complicité à l'égarement amoureux, les éloignera peu à peu de leur raisonnable quotidien. Dans ce grand roman de l'amour et du désordre, Serge Joncour porte loin son regard : en faisant entrer en collision le monde contemporain et l'univers intime, il met en scène nos aspirations contraires, la ville et la campagne, la solidarité et l'égoïsme, dans un contexte de dérèglement général de la société où, finalement, aimer semble être la dernière façon de résister.

 

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Intéressant tant psychologiquement qu'au niveau social, mais l'auteur a du mal à trouver la chute. Cela reste néanmoins une bonne lecture sympathique.

 

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Une bobine de fil bleu de Anne Tyler

 Traduction de Cyrielle Ayakatsikas

Portrait d'une vieille maison de Baltimore et de ses habitants à travers plusieurs générations, le vingtième roman d'Anne Tyler est comme souvent celui d'une famille trop heureuse pour être vraie. Épicentre du texte, Abby, la pièce rapportée, la femme de Red Whitshank, mère de cinq enfants devenus adultes. Elle excelle à les rassembler tous (et parfois quelques autres invités de passage) autour d'un repas ou d'une conversation. Pourtant, quand commence le récit, si tous les enfants sont de retour à Baltimore, c'est parce qu'Abby les inquiète. Comportements étranges, pertes de mémoire, le cœur de la famille Whitshank semble battre de travers. Même Denny, le fils rebelle, s'en émeut. Avec humour, mélancolie et une grande économie de moyens, Anne Tyler recompose le drame doux-amer d'une famille qui se croyait plus heureuse que les autres. Elle l'était, c'est vrai, mais au prix de mille petits arrangements avec la réalité, sur fond de silences courtois et de mensonges de circonstances.

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Une chronique familiale au moment de la grande dépression, un roman habilement construit, le sens du détail, l'art de faire vivre les personnages… Voilà un ouvrage rafraîchissant, réaliste, avec beaucoup de finesse dans l'analyse psychologique.

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Purity de Jonathan Franzen

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Olivier Deparis.

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Je ne suis pas photographe... : Créateurs et intellectuels à la chambre noire

de Elvire Perego et Robert Delpire

Editeur : Actes Sud (8 novembre 2006)
Collection : Photo poche
ISBN-10: 2742752250
ISBN-13: 978-2742752256

Ils sont peintres, sculpteurs, poètes ; écrivains, voyageurs, architectes, cinéastes, intellectuels, reconnus et admirés - pour tels. En grands amateurs - dans le sens de celui qui aime, l'amoureux -, ces personnalités s'adonnent toutes à la photographie. Conçu sous forme d'une petite anthologie, le numéro 100 de la collection "Photo Poche" est destiné à rester, par définition, inachevé, à jamais ouvert... Il entrecroise et confronte différentes pratiques photographiques : du simple "hobby", jeu, divertissement à l'expérimentation des plus novatrices... C'est donc une invitation à un vagabondage où se jouent en arrière-plan les clivages photographe amateur, photographe professionnel, photographe artiste, toujours à l'œuvre, tel un mouvement de balancier, dans l'histoire de la photographie depuis ses origines. D'un créateur à l'autre, la photographie apparaît fondamentalement écriture, "rite scripturaire" lié au vécu, à l'identité individuelle, à la vie affective, à la vie de création et de pensée, essentiellement autobiographiques. Nouveau langage de l'intériorité, nouvelle "écriture du moi" qui s'enracinent dans la culture "fin de siècle", la photographie suggère à quel point ces passionnées de génie mettent en scène et stimulent des interrogations identitaires, fournissent des modèles de compréhension de soi et du monde, atteignant une dimension d'archétypes.

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Un survol d'un large éventail de personnalités avec un cliché chacun. Une jolie idée pour le numéro 100 de cette superbe petite collection dédiée à la photo, qui offre dans un format et un prix "poche", de belles monographies et thématiques. Intéressant…

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La trilogie de Jules Vallès (pseudo Jacques Vingtras)

Jules Vallès (nom de plume de Jules Louis Joseph Vallez), né au Puy-en-Velay (Haute-Loire) le 11 juin 1832, mort à Paris le 14 février 1885, est un journaliste, écrivain et homme politique français d'extrême gauche. Fondateur du journal Le Cri du Peuple, il fait partie des élus de la Commune de Paris en 1871. Condamné à mort, il doit s'exiler à Londres de 1871 à 1880.

Jules Vallès a écrit une trilogie romanesque largement autobiographique centrée autour d'un personnage que Vallès nomme Jacques Vingtras : le premier tome s'appelle L'Enfant ; l'auteur évoque sa jeunesse entre un père professeur et une mère fille de paysans, période de sa vie qu'il présente comme pauvre (au moins pour la partie consacrée au Puy) et malheureuse. Les tomes suivants sont Le Bachelier et L'Insurgé. On peut reprendre ces titres pour présenter la biographie de Jules Vallès, même si l'adéquation n'est pas totale entre la vie (racontée) de Jacques Vingtras et celle (réelle) de Jules Vallès. On peut y remarquer l'absence de faits importants et le fait que sa sœur n'y est pas évoquée.

L'insurgé : 1871 / par Jules Vallès
Date de l'édition originale : 1886

Ce livre est la reproduction fidèle d'une oeuvre publiée avant 1920 et fait partie d'une collection de livres réimprimés à la demande éditée par Hachette Livre, dans le cadre d'un partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, offrant l'opportunité d'accéder à des ouvrages anciens et souvent rares issus des fonds patrimoniaux de la BnF.
Les oeuvres faisant partie de cette collection ont été numérisées par la BnF et sont présentes sur Gallica, sa bibliothèque numérique.

En entreprenant de redonner vie à ces ouvrages au travers d'une collection de livres réimprimés à la demande, nous leur donnons la possibilité de rencontrer un public élargi et participons à la transmission de connaissances et de savoirs parfois difficilement accessibles.
Nous avons cherché à concilier la reproduction fidèle d'un livre ancien à partir de sa version numérisée avec le souci d'un confort de lecture optimal. Nous espérons que les ouvrages de cette nouvelle collection vous apporteront entière satisfaction.

Toute la vie de Vallès est tendue vers la Commune. Lorsque les insurgés s'emparent de Paris, il devient maire du XIXe arrondissement. Le lendemain de l'insurrection, il est condamné à mort par contumace. Son journal, Le Cri du peuple, est interdit. Dans ce troisième volume autobiographique, après L'Enfant et Le Bachelier, l'auteur montre son héros, Jacques Vingtras, sur les barricades, dans le feu de l'action, au milieu des morts et des blessés. Son écriture rapide, sa vision fulgurante des scènes de combat, font de ce livre le cri de la Commune. Jules Vallès mourut, épuisé, à cinquante-trois ans, en murmurant : " J'ai beaucoup souffert. "

 L'avis des lecteurs 057

Une écriture d'une incroyablement modernité et totalement actuelle. Cette autobiographie à peine romancée de ce personnage extraordinaire que fut Vallès fut publiée par Zola sous forme de feuilleton. C'est poétique et lumineux, mais en même temps d'une réalité crue, c'est passionnant, émouvant… On voudrait accumuler les adjectifs pour faire partager le plaisir de cette lecture et donner envie de s'y plonger. Merci pour cette réédition qui permet de découvrir cette œuvre !

 

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21 août 2017

ATTENTION Annulation du café littéraire

Le café littéraire prévu demain mardi 22 août à 10h00 à la bibliothèque est annulé.

En effet, je ne pourrais malheureusement pas assurer ce rendez-vous.

En revanche, rien ne vous empêche de vous retrouver au café d'Huez à 10h00 pour échanger vos lectures !!

Avec toutes mes excuses

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16 août 2017

Les derniers rendez-vous de la saison estivale : mardi 22 août 2017

A LA BIBLIOTHEQUE

Rendez-vous le Mardi 22 août 

10h- 12h Café littéraire

 18h- 19h Fable écologique "Mario"

Affiche Caf+® litt+®raire

FABLE ECOLOGIQUE 
 "MARIO"

Création de Michel Bayard

Cette fable écologique raconte la vie d'un drôle de poète qui vit au cœur d'une décharge. Il va découvrir sa raison d'être et son trésor caché : l'art de transformer et de magnifier la moindre chose.
Fable certes, mais ce ne sont pas des animaux qui cette fois-ci
 prendront la parole mais des objets aussi inattendus qu'extravagants.
Des premières lueurs de l'aube, jusqu'au coucher du soleil, cette histoire avec masques et marionnettes nous donnera à partager la journée de cette étrange sentinelle qui vit les pieds dans la fange et la tête dans les étoiles

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12 août 2017

Notre ami André nous a quittés…

André Chronique2

André

 

J’aurais bien dit

Qu’au grand jamais

Ton trou dans l’eau n’se refermera

Et que cent ans après, coquin de sort

Tu nous manqueras encor…

Mais l’ami Brassens l’a déjà dit mieux que moi

 

J’aurai bien poétisé ton souffle devenu la lumière, ton âme enfin libérée, ton voyage vers un ailleurs d’où tu veillerais toujours sur nous…

Mais je vois d’ici ton sourire devant tant de mysticisme…

 

Alors je vais dire des mots plus simples, des mots qui viennent de ces neiges que tu aimais tant, des mots pour dire merci, merci pour ton amitié fidèle, pour ta présence chaleureuse et ton humour bienveillant.

 

À l’Alpe d’Huez, tu nous as offert tes passions, sans compter… Ou presque : on ne transigeait pas avec le calendrier des sacro-saints matchs de rugby !!

 

Que de soirées avons-nous passées, portés par ta guitare et ta voix chaude ! Moments forts où tu étais attentif à unir nos voix pour le plaisir d’être ensemble.

Que de fougue et d’engagement : Tu étais notre Monsieur Cinéma, notre chroniqueur plus ou moins exaspéré du festival, notre spécialiste des questions « vélo dans le cinéma », notre critique cinéphile toujours à la recherche d’une émotion à partager

Que de fous rires, de bonne humeur… Toutes ces occasions où se révélaient ta générosité et ta joie de vivre. Tu nous montrais que le bonheur se niche dans ces petits riens qui font du bien et qui ne coûtent rien.

Tu étais le pilier autour duquel nous pouvions virevolter tous azimuts, le point d’ancrage qui nous permettait de revenir de nos emballements, toujours patient devant nos enthousiasmes…

 

Quoique… J’ai un petit bémol à mettre dans ce concerto allegro : je n’oublierai pas comme tu nous as fait transpirer, lors de ta dernière dictée, entre les pluriels des mots composés, les accents circonflexes ou pas, les traits d’union inappropriés et autre billevesées prêtes à nous faire continûment des quasi-crocs-en-jambe !

 

Et toujours ce sourire sous ta barbe blanche…

 

S’il te plaît, André, continue de nous murmurer à l’oreille ta petite musique,

qu’elle nous porte au-delà des larmes,

qu’elle nous accompagne sur ce chemin que nous parcourons désormais sans toi

et qu’elle enchante le firmament…

soirée chansons 04 bis

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triathlon des mots - 60 sur 62

Texte de Nicolas ( Teillard) à André le jour de ses obsèques samedi 12 août 2017 Crematorium de Gieres

Juste après la version musicale de Mistral Gagnant mise en sourdine

Passer après Mistral gagnant, ça donne forcément envie de s’asseoir sur un banc…

Les bancs tu aimais ça (comme à peu près tout ce qui permettait de t’asseoir et de reposer ton dos à partir du moment où la balade ou la visite excédait la demi-heure…!).

 

On va donc s’asseoir, cinq minutes avec toi, te parler du bon temps, et de c’qu’on gardera, te parler de ma mère un p’tit peu, en pensant à ton rire qui lézarde les murs, en tâchant tous ensemble de guérir la blessure…

Ton rire, c’est une certitude, personne ici ne l’oubliera. Ce rire impressionnant, puissant, contagieux, ce rire aussi retentissant que ton sourire savait être discret, doux et bienveillant.

Difficile de te dire au-revoir sans évoquer l’ami Georges, et puisqu’il prônait l’amitié et les copains d’abord, tu nous permettras de lui emprunter quelques formules, et de mêler aux mots du poète qui t’a tant inspiré, ceux des copains à qui tu vas manquer.

 

Brassens donc, disait qu’on  «  n’entrait pas dans ses chansons comme dans un moulin”. ça vaut pour toi papa. Entrer chez toi, et percer la carapace comme on franchit un palier, ça se méritait, à coup de simplicité, à force de fidélité, et parfois (disons-le) au prix d’une certaine ténacité, la probabilité pour que tu passes un coup de fil tenant quand même d’un niveau pas bien plus haut que zéro…

 

Nulle indifférence pourtant dans cette distance, et tous ceux qui ont connu le chagrin, la peine ou la difficulté, savent ici qu’ils pouvaient compter alors sur ta générosité, sur tes larges épaules, ta stature imposante, sur “ce grand chêne fier sur son tronc”, sur “ce grand homme si doux” comme l’ont écrit certains. 

 

Cette douceur ne t’a jamais quittée, tu as été constant dans la main tendue, au point d’y faire carrière. A l’âge ou beaucoup se laissaient tenter par la tournée des grands ducs, tu préférais l’école d’éduc, et les amitiés qui s’y sont liées ne se sont jamais défaites.

 

Si la douceur te caractérisait, ça ne t’empêchait pas d’avoir tes moments furieux, et là, mieux valait te prendre au sérieux. Les murs des “circos" tremblent sans doute encore de quelques coups de gueule, et mes frère et soeur comme mes neveux, confirmeront qu’il n’y avait rien de bon à croiser ton regard furibond… ou à te voir hausser le ton. La méthode devait être efficace car tu n’as pas eu à l’employer bien souvent.. 

 

C’est sûrement ce même regard perçant qu’ont croisé les quelques emmerdeurs qui ont eu le malheur de te mettre en rogne. Des p’tits cons de la dernière averse, sur qui pourtant jamais on ne t’a vu lever ta main leste. Ce n’est pas l’envie qui a dû manquer parfois, mais tu ne jugeais sans doute pas nécessaire d’humilier ces piètres adversaires. Et puis bon, pour reprendre une réplique d’Audiard dont tu goûtais la pertinence, rappelons que quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent…. (n’est-ce pas  les beaux-frères !). Comme je t’entends d’ici t’offusquer sur l’estimation à 130 kilos, et que je te soupçonne d’avoir jeté des regards réprobateurs aux médecins qui t’imposaient un passage par la balance, je veux bien t’en enlever 10 ou 12 et nous serons quittes..

 

110, 120, 130, qu’importe après tout… car cette carrure imposante était devenue pour nous une présence indispensable à certains paysages. Elle leur donnait un relief un peu plus agréable encore. “Montagne” à toi tout seul, costaud mais jovial et affable, c’est avec ces larges épaules que tu libérais l’espace dans les files d’attente des remontées de l’Alpe d’Huez, que tu descendais les marches de la piscine de Fons, que tu animais les soirées famille en sortant ton fameux carnet de chant, que tu enfourchais avec nonchalance ton scooter quand tu partais de bon matin, quand tu partais sur les chemins, non pas avec Paulette, mais bien souvent, avec tes petits enfants dressés fièrement à l’avant entre tes gros bras rassurants.

 

Avec ta barbe blanche et cette “neige à foison qui coiffait ta toison”, tu étais tout à la fois notre Brassens, notre Victor Hugo, l’Hemingway des Cubains qui t’ont croisé à la Havane, et tu resteras pour toujours notre Père Noël à tous… j’imagine d’ici la tronche du bon Dieu, quand il t’ouvrira la porte, et qu’il découvrira que le Père Noël existe ! J’imagine ton oeil malicieux, ravi par cet ultime pied de nez, et pas peu fier de prouver au soi-disant Tout-puissant que ce qu’il pensait être une fable pour enfants avait pris forme humaine, sous ton manteau rouge et blanc.

 

Ah cette veste rouge, qui pouvait - selon les saisons - se troquer contre une polaire, ou un vieil anorak, pourvu que le rouge soit dominant , du rouge, encore du rouge, toujours du rouge, sur ton écharpe autour du cou, sur tes polos en triple XL, et bien sûr aussi, au fond du verre, comme l’exigeaient tes origines mâconnaises.

 

Que ce soit à Bioux, à Dullin, à Fons, à l’Alpe ou ailleurs, notre voisin Dédé était un fier galant, qui n’emmerdait personne, avec sa barbe blanche, et quand le bruit courut que tes jours étaient comptés, c’est de tous ces endroits que les mots d’amitié sont arrivés. D’autres nous viennent de Rome, où des amis nous disent qu’ils te savent avec eux dans les rues et sur les places, toi qui enviais à nos voisins transalpins la passion du scooter, la permanence de la pasta - des “nunes" disais tu - qui appréciais tant  l’esprit de Nanni Moretti, et le langage des mains, que tu adoptais sitôt la frontières passée, te sentant pousser des ailes au pays du conducteur rebelle.

 

Car c’était aussi un trait de ton  caractère, toi le rigoureux de l’administration et des horaires, tu perdais toute envie de suivre le règlement quand tu croisais Mr l’Agent.

 

En observant les alentours de l’avenue Pierre Denave à Mâcon, je me suis demandé si ton aversion pour l’uniforme ne venait pas de la proximité de l’avenue de la gendarmerie… Car disons-le, le seul flic qui ne te faisait pas froncer les sourcils, c’était Longtarin dans Gaston, pour tous les autres, tu retrouvais tes airs hostiles, ne supportant pas l’idée qu’on vienne te chercher des poux dans la tonsure et te priver d’une miette de liberté, ou du simple privilège d’avoir la paix. 

 

Le sifflet au carrefour, comme la musique qui marche au pas, cela ne te regardait pas. Tu ne faisais c’est vrai de tort à personne, en suivant ton chemin de grand bonhomme, avec parfois tout de même un soupçon de mauvaise foi face à la loi, ta lecture du code de la route étant à peu près aussi libre que celle des règles de grammaire quand tu jouais au Scrabble…

 

C’est pardonné papi, même si je vois ta moue de contestation d’ici …

 

Comme un dernier clin d’oeil de l’histoire, tu es parti le jour de la journée mondiale des chats. Sans doute un peu jaloux de leur allure féline, tu avais pourtant, comme Brassens en son temps, une affection toute particulière pour les matous. C’était bien le seul animal qui trouvait grâce à tes yeux, peut-être parce que tu te reconnaissais dans leur côté doux et sauvage, dans leur capacité à faire leur vie de leur côté, que tu partageais leur goût pour les tendres caresses, et pour le soin qu’ils prennent à trouver une couche confortable. Tu aimais lire la presse du jour, Félix préférait s’allonger sur ton Dauphiné Libéré, mais comme lui et d’autres avant, tu avais cette fâcheuse tendance à tourner en rond devant la porte quand l’heure du départ avait sonné, ta légendaire ponctualité n’étant pas la qualité la plus partagée dans la famille… 

 

Tu as ainsi passé une bonne partie de ta vie à faire les cent pas, prêt au départ, attendant maman qui arrivait avec ses sacs débordant  de bouquins, attendant Catinou qui devait sans doute être la dernière à sortir du gymnase avec  sa copine Anne-Ga, ou  m’attendant au coin du stade, pendant que je courais à la rencontre des joueurs du FCG. Tu auras noté que je n’ai pas cité Jérôme - ce n’est pas un oubli - ton aîné étant bien le seul à qui tu sus transmettre le gène de la ponctualité et de l’horaire respecté !

 

Redonnons la parole à ton cher Georges, dans une chanson qui était parmi tes préférées (Mourir pour des idées) :

 

“S’il est une chose amère et désolante, en rendant l’âme à Dieu, c’est bien de constater, qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée”.

Tu peux partir de ce côté en toute sérénité. 

Fidèle à ton principe de “ne pas emmerder tes voisins”, tu as passé ta vie à partir à la conquête des sommets et des chemins, poussé par ta curiosité, par ton goût prononcé pour le voyage, en camping-car ou en VW. Bien chaussé dans tes baskets blanches, tu arpentais les sentiers avec ton train de sénateur, traversant les villages, les océans et les départements. Pas un ne manque à la carte, Sylviane prenant un soin tout particulier à te faire mettre le clignotant, à la conquête des voies les plus dérobées. 

 

Qu’elle était belle ta liberté, par les petits matins d’été, quand le soleil chantait au coeur, tu as vécu bien content, avec ta Sylviane et tes enfants. Pas un n’échangerait sa place à l’arrière, pas un ne troquerait sa part de gratin, pas un n’aurait laissé un autre que toi lui tenir le bâton pour apprendre à skier.

 

Ca n’a jamais donné lieu à de grandes déclarations, tu nous as fait du même bois que toi, un peu rustique, un peu brut, et c’est vrai que nous n’avons jamais été très doués pour dire l’amour qui nous liait. Je laisse à Brassens ce parfait résumé : “les effusions, dame! il déteste… Selon lui, mettre en plein soleil, son coeur ou son cul c’est pareil”.

 

Si ça peut te rassurer et te permettre de partir léger, sois sûr que nous veillerons avec attention sur la seule poupée qui te faisait te faire tout petit. Il fallait bien quelqu’un d’aussi grand que maman pour réussir ce défi. Tu lui fis découvrir la géographie du rugby, ta messe à toi du dimanche après-midi. En échange, tu reçus une invitation permanente au voyage merveilleux dans l’univers des livres, terrain de jeu idéal pour l’amoureux des mots que tu étais. 

 

Prenant entre tes bras la place de ta guitare, elle a rempli ton coffre de bouquins en pagaille, ton garage de décorations et autres animations, ta vie, de souvenirs inoubliables et inestimables. Elle a donné à ton chemin un relief inespéré, puisant dans ta force tranquille et ta générosité pour mener à bien ses innombrables projets, comptant sur toi pour la conduire partout où ses envies l’emmenaient. Tu en as fait des kilomètres, en guide parfait pour les FOLIJE, ouvrant les voies, toujours fidèle au poste. Tu te nourrissais de son énergie et de sa douce folie, même si tu en payais parfois le prix, en voyant ta part de dessert se diviser subitement en un tas de petits morceaux, “à partager” évidemment.

 

Entre la princesse des lettres et le croque-notes que tu étais, il y eut quelque chose de l’accord parfait, les passions sans cesse partagées, le soutien de tous les instants, la complicité, évidente, admirable, et inspirante. Et même quand ta vue a fini par baisser, ton regard n’avait rien perdu de sa tendresse pour elle, quand il passait par-dessus tes lunettes qui te donnaient des airs de Geppetto…

 

Arrive le temps de se dire au-revoir, de te laisser naviguer en père peinard… Vas donc vers l’autre monde en flânant en chemin, nous savons tous ici qu’un panaché bien frais t’attend au bistrot des copains, qu’une place t’est réservée au pays des gens bien… On te laisse te trouver un petit trou moelleux, une bonne petite niche avec vue sur la terre, ou tu pourras quand tu le voudras, nous faire coucou de la main.

 

Comme dans  tout bon tour de chant de Brassens, impossible de se quitter sans “la Supplique" en guise de conclusion : à ton tour de devenir l’éternel estivant, de passer ta mort en vacances, de faire du pédalo sur la vague en rêvant, en pensant à nous de temps en temps…

 

Nicolas

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01 août 2017

Journée mondiale de la photographie le 19 août

1493355236984-8Fondée en 2009 par le photographe australien, Korske Ara, le site internet wolrdphotoday propose de célébrer la journée mondiale de la photographie.

 

Le choix de cette date ne doit rien au hasard puisqu'elle coïncide avec l'invention "officielle" de la photographie.


La journée mondiale de la photographie encourage les gens du monde entier à partager une seule photo; « Partager leur monde avec le monde ». 

« L'idée est de revenir à la valeur de la photographie », a déclaré Korske. « La photographie est vraiment pris pour acquis aujourd'hui et nous avons oublié ce que cela signifie de capturer une photo et ce que cela signifie d'y réfléchir ».

Un cadeau au monde libre


C'est avec ces mots que le gouvernement français de l'époque, le 19 août 1839, célébrait cette invention qui n'avait alors que quatre ans. On la doit au français Louis Daguerre inventeur* du... Daguerréotype (tant qu'à faire !). Depuis, la photographie a fait son chemin, devenant l'outil privilégié du témoignage historique, du journalisme, de la découverte, etc.
 


* Il convient de prendre un peu de recul face à ce titre d'inventeur car l'histoire de l'invention de la photographie remonte un peu avant, avec les travaux de Nicéphore Niepce qui, semble-t-il, a été le réel inventeur du procédé, quelques années avant que Daguerre ne s'en empare…
Remontons encore un peu plus loin dans l'histoire et rendons hommage au physicien Perse Ibn Al Haytham qui est le premier à avoir posé le principe de la chambre noire (traité d'optique) et donc des bases de la photographie, entre 940 et 1035 après J.C.


Source : site Journée mondiale


Rendons hommage à la photographie à 18 h 39


Sur une idée originale du site Pose Partage, voici un défi à relever en ce jour de célébration de « l’invention » de la photographie : à 18 h 39 pile, arrêtez ce que vous faites et dégainez votre appareil pour prendre une belle photo !

Vous pouvez tagger votre image avec le hashtag #jmp18h39 sur les réseaux sociaux comme Twitter, Facebook, Instagram, Flickr, 500px, etc.
Mais vous pouvez aussi l'envoyer à livresetpalabres@laposte.net et on la publiera sur le blog !


Rendez-vous à 18 h 39 !


 

 

 

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26 juillet 2017

Les livres de juillet (1ère partie)

C'était le 13 juillet, au soleil sur la terrasse du café d'Huez… Voici le compte rendu de ce café littéraire du mois de juillet.

Dans cette 1re partie

  1. les romans épistolaires
  2. les talents Cultura en avant-première
  3. les coups de cœur des bibliothèques d'Al'Pages (La fiche est à rendre à la bibliothèque avant la fin de la saison estivale)
  4. Le thème d'Al'Pages de l'année prochaine en avant-première

Nous avions évoqué lors de la fête du pôle culturel le renouveau des romans épistolaires, un genre né au XVII siècle et très prisé au XVIII siècle.

Dans les grands classiques, on retrouve Les liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos, publié en 1782, Lettres persanes, de Montesquieu, publié en 1721, La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau, publié en 1761.

En 2009, une fiction historique épistolaire fait fureur : Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, traduit par Aline Azoulay-Pavcon, chez NIL (voir là )

Pour prolonger cette tradition épistolaire, en remplaçant les courriers classiques par les mails, voici deux romans français à découvrir

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Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

 

Editeur : Grasset (31 mars 2010)
Collection : Littérature Etrangère
ISBN-10: 2246765013
ISBN-13: 978-2246765011

En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s excuse, et, peu à peu, un dialogue s engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l un pour l autre une certaine fascination. Alors même qu ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l autre... De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d un chagrin d amour. Un jour, pourtant enfin ! , ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s imposent une règle : reconnaître l autre qu ils n ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler...

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Il nous est déjà arrivé de faire une faute de frappe dans une adresse mail, et de recevoir le retour d'un inconnu. Cela ne va pas plus loin, sauf pour l'auteur qui imagine la suite… C'est cet échange improbable qui fait le charme du roman, et qui permet de développer le thème de nos relations, sentimentales ou pas, virtuelles.
La lecture est aisée, rapide et avec suffisamment de rebondissements pour que l'on ne s'ennuie pas. C'est tendre et léger, une jolie modernisation du genre !


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Et je danse, aussi de Anne-Laure BONDOUX et Jean-Claude MOURLEVAT

Editeur : Fleuve éditions (12 mars 2015)
ISBN-10: 2265098809
ISBN-13: 978-2265098800

 

Pour Pierre-Marie, romancier à succès (mais qui n'écrit plus), la surprise arrive par la poste, sous la forme d'un mystérieux paquet expédié par une lectrice. Mais pas n'importe quelle lectrice ! Adeline Parmelan, " grande, grosse, brune ", pourrait bien être son cauchemar... Au lieu de quoi, ils deviennent peu à peu indispensables l'un à l'autre. Jusqu'au moment où le paquet révèlera son contenu, et ses secrets...

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Deux auteurs jeunesse de renom qui se lancent dans le roman épistolaire à quatre mains ! De quoi donner envie de plonger sans hésitation. Ce n'est pas un chef-d’œuvre, mais c'est frais, touchant, bien enlevé et même poétique et ça se lit avec plaisir… Les personnages sont attachants, et l'on se pique au jeu de l'échange, des questions… L'on sent que le roman s'est très probablement construit autour de véritables échanges par mail, et c'est ce qui l'ancre dans le réel et le quotidien. Un livre sans prétention mais malgré tout avec de jolis passages et une intrigue qui tient en haleine.


Puis nous avons découvert en avant-première quelques romans de la rentrée littéraire de Cultura (voir le palmarès complet )

Parmi les "Talents Cultura 2017", deux ouvrages ont été présenté

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Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer

Editeur : Les éditions de l'observatoire (23 août 2017)
Collection : LITTERATURE/SC.
ISBN-13: 979-1032900710
ASIN: B06XSXZGD2

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L’auteur est journaliste avec des ouvrages sur le terrorisme. C’est son premier roman.

 UN COUP DE CŒUR !!!

Le livre se passe en Allemagne, en avril 1945, les derniers jours du Reich. Deux histoires croisées, convergentes, chacune à un bout de l’Histoire.

D’un côté Magda Goebbels, la femme du ministre de la propagande d’Hitler, la femme le plus puissante du III Reich comme elle est communément appelée.

De l’autre, la grande marche d’Ava, 3 ans, survivante du KZ bordel d’Auschwitz, détenant un précieux fardeau : des lettres, des témoignages provenant des camps, dont les lettres du père adoptif de Magda, juif renié, nié par sa fille Magda…

« Tu les as lues ces lettres ? Répète-t-elle.

- Oui. Les siennes et celles de ceux qui les ont portées. Ils ont tous raconté leur histoire. Et je suis, nous sommes, toi et moi, le dernier maillon de cette chaîne… »

C’est un roman historique. Tout est vrai et tout est romancé. Comme le signale l’auteur dans sa postface, « Tout est là. Contenu en filigrane. Les récits, les témoignages, les travaux d’historiens sont présents à chaque mot, à chaque ligne. Discrets. Mais là, comme autant de garde-fous ». Seules les lettres du père adoptif de Magda sont inventées, mais ce qu’elles racontent est vrai. Tout comme cette tentative de comprendre comment une mère peut tuer froidement ses 6 enfants. C’est la même incompréhension aujourd’hui face à celles qui congèlent leur bébé… Pourquoi ? Comment ? Que reste-t-il de leur humanité ?

L’écriture est aisée, fluide, vivante, qui porte et emporte. Le récit alterne avec les lettres, de la poésie pointe sous l’horreur, l’émotion est là, pas envahissante, pas larmoyante, juste un puissant mouvement de fond. Des phrases qui touchent, un sens de la formule :

« Frivole, joueur, buveur, instable, ce prince, charmant par le sang et détestable par l’esprit, vivait en marge de sa famille »

« Qui donc lui apprendra les mots brodés des fleurs ? La beauté de l’aster. Sa résonance latine. Ad astra per espera. Qu’il est long le chemin qui mène aux étoiles ! »

La structure est parfaitement maîtrisée avec ses allers-retours dans le temps et les lieux, qui croisent l’histoire, se répondent, s’éclairent, dans une même plongée de deux visages de la folie.

Conclusion : un vrai coup de cœur pour ce roman historique passionnant à la belle écriture (c’est le 3e roman historique reçu ! La rentrée sera historique J). Je me suis laissée emporter dans ce tourbillon de l’Histoire, m’attachant à tous ces personnages touchants. Oui même à Magda dont on devine les failles sous l’ambition forcenée. Un livre pour ne pas oublier, mais aussi un livre qui fait ressortir l’humanité sous l’horreur, sans occulter que c’est cette même humanité qui est l’origine de cette horreur…

« Mais il y aura toujours un scribe pour recopier, un homme pour lire, un écrit quelque part. Vous êtes l’incarnation de notre pire ennemi : l’oubli… Mais vous ne volerez pas notre histoire »

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Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

Editeur : Albin Michel (23 août 2017)
Collection : A.M. ROM.FRANC
ISBN-10: 2226400192
ISBN-13: 978-2226400192

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Emmanuelle Favier est correctrice-relectrice pour Mediapart. Elle est l’auteure de nouvelles, de poèmes et de pièces de théâtre.

« Le courage qu’il faut aux rivières »est son premier roman.

Cette histoire insolite nous entraîne dans les pas d’une « vierge jurée » : ces femmes albanaises qui, socialement, deviennent des hommes, bénéficiant ainsi d’avantages traditionnellement réservés aux hommes. Cette institution coutumière, qui permettait de combler un déficit d’hommes dans une famille ou d’échapper à un mariage arrangé, est toujours vivace dans les hautes terres du nord de l’Albanie où désormais, elle permet à certaines femmes de vivre leur homosexualité.

En 200 pages, l’on suit le destin de deux femmes devenues hommes qui finissent par se rencontrer et s’aimer. Une rencontre improbable, caché, mais qui fait ressortir les failles de l’institution coutumière, qui pose le problème de la construction de l’identité à travers la construction sociale du genre…

L’auteure précise que l’intention n’est pas documentaire, que certaines scènes mélangent exactitude historique et éléments totalement imaginaires, et qu’elle a cherché à conserver la pleine liberté créatrice.

Et effectivement, tout le début du roman semble figé dans un passé indéfini, et le présent ne se glissera que timidement, par petites touches, avec la reconnaissance intime de leur différence.

L’écriture est poétique, et le roman baigne dans une atmosphère un peu irréelle, comme si des brumes estompaient la crudité de la violence faite à ces femmes, comme si un voile onirique les protégeait, les isolait aussi, y compris de la fille abandonnée, croisée mais non reconnue.

Le sexe est presque omniprésent, exacerbé, en réponse à l’interdit (vœu de la chasteté), à la transgression du genre.

Le roman se lit facilement, même si quelques passages m’ont perturbée et en particulier l’apparition de la fille abandonnée qui survient comme une déchirure, perturbant le rythme, l’atmosphère et même la temporalité…

Mais il me reste un je-ne-sais-quoi d’inachevé, de manque qui ne m’a pas permis d’apprécier vraiment cet ouvrage. J’ai eu l’impression que l’auteure n’allait pas jusqu’au bout de sa réflexion, que les personnages continuaient à lui échapper.

Dommage, je crains que malgré ce thème fort, l’histoire ne me laisse que peu de traces.


Petit rappel maintenant des livres en lice pour le coup de cœur 2017 des bibliothèques d'Al'Pages : la littérature argentine

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Le lieu perdu de Norma Huidobro

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Wakolda de Lucia Puenzo


Traduction de Anne Plantagenet 

Editeur : Stock (15 mai 2013)
Collection : La cosmopolite
ISBN-10: 2234071836
ISBN-13: 978-2234071834

En 1959, sur une route désolée en Patagonie, un médecin allemand pas comme les autres croise une famille argentine ordinaire et lui propose de faire route ensemble, afin d’être moins isolés. Ce médecin n’est autre que Josef Menguele. Très vite, il est fasciné par l’un des enfants, une jeune fille qui porte le doux nom de Lilith et qui est bien trop petite pour son âge. La fascination semble réciproque : elle ne peut quitter des yeux cet homme si cultivé et sophistiqué. Alors, quand il s’installe finalement dans la pension fraîchement ouverte par sa famille d’accueil, tout s’accélère. Surtout lorsque la mère de famille accouche de deux fragiles petites jumelles qu’il faut soigner. Traqué par des agents israéliens, il continue pourtant à vivre tranquillement, allant même jusqu’à investir dans le projet d’usine de poupées du père. Des poupées parfaites. Aryennes. 
Contrairement à Wakolda.

Wakolda, quatrième roman de Lucía Puenzo, nous entraîne au coeur d’une société argentine infiltrée par l’émigration nazie. En immergeant la figure énigmatique de Menguele dans la vie quotidienne, Lucía Puenzo s’appuie sur les détails les moins visibles de sa personnalité pour faire ressortir avec une grande subtilité l’horreur de sa pensée profonde. Un roman captivant qui entraîne le lecteur sur les routes de la mémoire.

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Livre prenant qui s'attache surtout à la psychologie du nazi, dans une atmosphère étouffante, s'attardant sur les thèmes de prédilection de l'auteure, la transformation des corps et des genres. Fascinant…
Note : l'auteure, Lucia Puenzo, a elle-même adapté son roman en film, "Médecin de famille". Un film que des spectateurs ont trouvé presque meilleur que le roman, plus abouti.


 

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Pierre contre ciseaux de Inés Garland

Traduction de Sophie Hofnung

Editeur : L'Ecole des Loisirs (5 mars 2014)
Collection : Médium GF
ISBN-10: 2211217621
ISBN-13: 978-2211217620
Alma habite à Buenos Aires. Chaque week-end, elle retrouve Carmen et Marito dans une île du delta. Avec eux, elle découvre la liberté, l'amour et la vie dure.
Mais le coup d'État du 24 mars 1976 et l'instauration d'un régime de terreur les éloignent. Le temps de l'innocence où on pouvait tout résoudre en jouant à pierre, feuille, ciseaux est révolu.
Marito l'aide à ouvrir les yeux. Révoltée et amoureuse, Alma se dégage de la gangue familiale, de son égoïsme de nantis, découvre la lutte sociale, mais aussi le visage hideux de la violence politique. Et la tragédie s'invite dans leur vie.
Une magnifique histoire d'amours impossibles et de rêves qui se perdent dans les eaux troubles du fleuve et dans les heures noires de l'histoire de la dictature argentine.

Inés Garland est née en 1960 à Buenos Aires. Après avoir exercé différents métiers comme barmaid, réalisatrice de documentaires, productrice télé, professeur de gym ou journaliste, elle se consacre à présent essentiellement à l'écriture de romans et de nouvelles. 
Pierre contre ciseaux a reçu le prestigieux prix de l'Association de littérature jeunesse d'Argentine le désignant ainsi dans son pays comme meilleur roman jeunesse de l'année 2009. Par ailleurs, traduit en Allemagne en 2013, le roman a reçu un accueil très remarqué par la presse et le public Outre-Rhin.

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Un roman sympathique dans un décor particulier, cette île du delta, avec une histoire originale et une écriture imagée.

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Luz ou le Temps sauvage de Elsa Osorio

Traduction de François Gaudry
Editeur : Métailié (29 septembre 2000)
Collection : [Bibliothèque hispano-américaine
ISBN-10: 286424358X
ISBN-13: 978-2864243588
A vingt ans, à la naissance de son enfant, Luz commence à avoir des doutes sur ses origines, elle suit son intuition dans une recherche qui lui révélera l'histoire de son pays, l'Argentine. En 1975, sa mère, détenue politique, a accouché en prison. La petite fille a été donnée à la famille d'un des responsables de la répression. Sa mère adoptive ignore d'où vient cette enfant qui lui ressemble si peu, son grand-père, le général, campe sur ses certitudes politiques et son mépris pour son gendre, tourmenté par le remords et dont le suicide ressemblera à une exécution... Personne n'a su d'où venait Luz, à l'exception de Myriam, la compagne d'un des tortionnaires qui s'est liée d'amitié avec la prisonnière et a juré de protéger l'enfant. Luz mène une enquête semblable à celles des Grands Mères de la place de Mai, mais depuis sa situation troublante d'enfant que personne n'a jamais recherchée. Cette histoire est remarquablement racontée, sur un rythme de thriller. Loin des clichés, c'est l'amour qui pousse les personnages à rechercher la vérité.

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Présenté déjà en janvier à Huez, un livre qui n'a laissé personne indifférent. Une histoire très sombre qui renvoie à toutes les affaires d'enfants volés dont la dernière en date avec les enfants de la Creuse. Une narration étrange à plusieurs voix avec entre chaque personne qui parle, les commentaires de Luz ou de Carlos, en italique.

Parmi les lecteurs, certains ont été particulièrement touchés par le contexte historique et le problème de l'adoption, d'autres ont modulé leurs commentaires, jugeant l'écriture pesante…

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Editeur : Anne-Marie Métailié (6 mars 2014)
Collection : Bibliothèque Hispano-Américaine
ISBN-13: 979-1022600804
ASIN: B00GBTM4Q2

Un garage au milieu de nulle part, province du Chaco, nord de l'Argentine. La chaleur est étouffante, les carcasses de voiture rôtissent au soleil, les chiens tournent en rond. Le Révérend Pearson et sa fille Leni, seize ans, sont tombés en panne ; ils sont bloqués là, le temps que la voiture soit réparée. El Gringo Brauer s'échine sur le moteur tandis que son jeune protégé Tapioca le ravitaille en bières fraîches et maté, et regarde avec curiosité ces gens si différents qui lui parlent de Dieu.  

Dans ce huis clos en plein air, le temps est suspendu, entre-deux, l'instant est crucial : les personnages se rencontrent, se toisent, s'affrontent. C'est peut-être toute leur vie qui se joue là, sur cette route poussiéreuse, dans ce paysage hostile et désolé, alors que l'orage approche

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Pas d'enthousiasme de la part des deux lectrices. L'atmosphère étouffante de ce coin perdu est tellement bien rendue que ça en ait irrespirable… Heureusement c'est court, tellement court que l'on ne voit pas bien où l'auteur veut en venir.

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La fragilité des corps de Sergio Olguin

Traduction de Amandine Py

Editeur : Actes Sud Editions (4 novembre 2015)
Collection : Actes noirs
ISBN-10: 2330056117
ISBN-13: 978-2330056117
La journaliste Veronica Rosenthal semble tout droit sortie d’une sitcom argentine : trente ans, belle, riche, aimant les after, le bourbon et les hommes. Elle a beaucoup d’amies aux aphorismes éloquents : «Il y a pas de marge de manoeuvre avec les mecs mariés. Ils sont comme des livres de la biblio- thèque municipale : un de ces quatre, même si tu les adores, t’es obligée de les rendre». Sa curiosité est piquée par un banal fait divers : un conducteur de train s’est donné la mort, laissant une lettre aux termes ambigus. Il y confesse quatre accidents mortels sur la voie ferrée tout en avouant sa détermination à tuer. Quand pour la justice l’affaire est close, pour Veronica commence l’enquête, qui la conduit à mille lieues de son quotidien feutré : la banlieue, les favelas, et de frustes cheminots hantés par le souvenir de corps percutés sur la voie. Avec l’aide d’un junkie en voie de rédemption et de deux gamins des rues prêts à tout pour une canette de Coca, elle affronte le monde violent et pervers des paris clandestins macabres où de jeunes garçons risquent leur vie sur les rails afin de divertir les puissants. Chairs tendres broyées sous des tonnes d’acier, ou muscles bandés d’adultes consentants aux désirs furieux : la résolution de l’enquête est dans les liens profonds qui unissent les corps, le désir et la mort.

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Une enquête journalistique sert de trame à ce polar qui se déroule dans une ville corrompue. Le rythme est lent, l'ambiance très noire et la qualité littéraire au rendez-vous. Intéressant

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Histoire de Roque Rey de Ricardo Romero

Traduction de Isabelle Gugnon

Editeur : Seuil (14 avril 2016)
Collection : Cadre vert
ISBN-10: 2021218147
ISBN-13: 978-2021218145
Abandonné par sa mère à l'âge de deux mois, élevé par sa tante, l'existence de Roque Rey prend un tour inattendu le jour où son oncle meurt. Lorsque sa tante lui demande de marcher avec les chaussures qu'elle voudrait mettre au mort dans son cercueil afin de les assouplir un peu, l'enfant quitte la maison... pour ne plus revenir. Les chaussures de son oncle conduiront Roque Rey loin de Paraná, jusqu'à Buenos Aires. Lorsqu'il reviendra dans sa ville natale plus de trente ans après, Roque Rey aura connu la dictature et ses morts, le retour à la démocratie, la terrible crise de 2001. Il aura rencontré un prêtre parricide, intégré un groupe de musique tropicale, fréquenté une enfant surdouée et des centaines de morts qui à travers leurs propres chaussures lui auront révélé un peu de leur vie. Il aura aimé et pleuré, ri et souffert, pas mal fui. Et beaucoup dansé. Sensuel, intime et planant, d'une rare maîtrise, Histoire de Roque Rey est un roman aussi fascinant qu'envoûtant.

L'année prochaine, les bibliothèques d'Al'Pages mettent à l'honneur la littérature portugaise.
Cette littérature a été assez longtemps méconnue en France mais ses grands noms attirent de plus en plus de lecteurs : Fernando Pessoa, le plus illustre , mais aussi Tavares, Cardoso, Peixoto, auxquels il faut ajouter le plus portugais des écrivains italiens, Antonio Tabucchi et les brésiliens, Jorge Amado et Paulo Coelho, auteurs de plusieurs best sellers dont L'alchimiste, paru en 1988 et aussitôt traduit dans toutes les langues.
Cet été, les bibliothécaires doivent sélectionner 7 ouvrages. Nathalie nous a fait part d'une de ses découvertes, qui sera peut-être dans la sélection 2018 !

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Mon amant du dimanche d'Alexandra Lucas Coelho

Traduction d'Ana Isabel Sardinha et Antoine Volodine

Editeur : Seuil (7 avril 2016)
Collection : ROMAN ET. HC
ISBN-10: 2021285804
ISBN-13: 978-2021285802
Profondément blessée, une femme crie vengeance : un homme l'a trahie et elle est bien décidée à avoir sa peau. Celle qui raconte cette histoire est célibataire, sans enfants et trouve dans ses cinquante ans et ses cinquante kilos une énergie sans limites. Vivant dans l'Alentejo où elle travaille comme correctrice pour une maison d'édition, elle ne quitte sa campagne qu'une fois par semaine. Elle se rend alors à Lisbonne où elle a pour mission de changer, chaque dimanche, la caisse du chat d'une amie partie en voyage. C'est entre son bureau, l'appartement de son amie et la piscine où elle fait toujours une halte qu'elle prendra sa revanche. Son plan l'occupera tout un mois et sa réussite sera totale. Ses complices ? Les livres, la natation, un été torride. Et trois amants du dimanche, aussi différents que vivifiants.

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Excellent roman ! Une belle écriture bien que crue. L'on sourit malgré l'histoire sombre grâce au franc-parler. La liaison fatale est présentée de façon humoristique. Une petite citation retenue "Plus que vérité l'amour est décision"

Posté par sandrinedhuez à 23:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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