Beaucoup d’émotions avec la présentation des essais, récits et autobiographies de ce mois.

fragilité

Fragilité de Jean-Claude Carrière

Odile Jacob (13 avril 2006) - 2738117880 - Autobiographie

Présentation de l'éditeur

" J'ai rencontré quelques grands ancêtres, Shakespeare et Dostoïevski, les auteurs inconnus du Mahâbhârata, Corneille, Chateaubriand, Balzac, Proust. Ils m'ont appris ce que je savais sans doute déjà : un personnage ne peut nous toucher que lorsque nous avons trouvé en lui ce que nous appelons "vulnérabilité". Tout le théâtre, tout le cinéma, toute la littérature, toute forme d'expression repose sur la fragilité. Elle est notre source cachée, le moteur de toute émotion et de toute beauté. Acceptons-la. Revendiquons-la. Soyons frêles mais souples. Et calmes devant l'inconnu. Nous devons préserver notre fragilité comme nous devons sauver l'inutile. L'inutile, parce qu'il nous sauve du simple calcul productif, maître du monde. Il nous permet de nous en évader, il est notre issue de secours. La fragilité, parce qu'elle nous rapproche les uns des autres, alors que la force nous éloigne. " J.- C. C.

Biographie de l'auteur

Jean-Claude Carrière est scénariste, dramaturge et écrivain. Il est notamment l'auteur d'Einstein, s'il vous plaît et, avec Thibault Damour, d'Entretiens sur la multitude du monde.

L’avis des lecteurs J

Une autobiographie qui part du postulat que toute forme d'expression repose sur la vulnérabilité. La fragilité est ce qui touche. La fragilité est l'essence commune, la source de beauté. Fragilité, mais pas faiblesse car “la fragilité est essentielle tandis que la faiblesse peut être passagère" explique l'auteur. Jean-Claude Carrière propose une vision de l'humain qui tire sa force de sa vulnérabilité même.

Voilà qui tord le cou aux idées reçues : la fragilité est en chacun de nous et ne concerne pas que "sexe faible".

“ J’ai pris un mot, “fragilité”, et je l’ai suivi”. Ce thème m'a beaucoup touché et renvoie à ma pratique professionnelle et personnelle. Le mot fragilité m'a inspiré car il est intégré à ma vie, en particulier à travers l'improvisation qui laisse des brèches où tout peut arriver.

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la chaleur

La chaleur du coeur empêche nos corps de rouiller - Vieillir sans être vieux

de Marie de Hennezel

ROBERT LAFFONT (17 janvier 2008) - 2221103939 - Essai

Présentation de l'éditeur

Le vieillissement inévitable ne nous condamne pas à la solitude, à la souffrance, à la déchéance, à la dépendance. L'auteur de La Mort intime, sans langue de bois, nous guide vers un véritable "art de vieillir ". Elle fait appel à son expérience de psychologue clinicienne, à ses rencontres avec des "vieillards magnifiques" comme son amie sœur Emmanuelle, pour nous montrer comment transformer en profondeur ce temps de notre vie, en apprivoiser les misères, en retirer les joies.

Résumé du livre par Evène

Vieillir nous fait peur. Notre société nous renvoie une image désastreuse de la vieillesse. Pourtant ce vieillissement inévitable ne nous condamne pas à la solitude, à la souffrance, à la déchéance ni même à la dépendance. Nous vieillissons tous, mais nous pouvons décider de ne pas devenir 'vieux' : tel est le message que nous délivre, sans langue de bois, l'auteur de 'La Mort intime'. Comment 'vieillir sans être vieux' ? Grâce au coeur, à notre capacité d'aimer et de désirer. C'est le coeur qui peut nous aider à dépasser nos peurs et nous soutenir au milieu des pires épreuves de la vieillesse.

Marie de Hennezel nous guide vers un véritable 'art de vieillir'. Grâce à son expérience de psychologue clinicienne et à ses rencontres avec des 'vieillards magnifiques' comme son amie soeur Emmanuelle, elle nous dévoile comment transformer en profondeur ce temps de notre vie, en apprivoiser les misères, en retirer les joies.

Biographie de l'auteur

Psychologue, psychothérapeute, puis chargée de mission pour la diffusion de la culture palliative au ministère de la Santé, Marie de Hennezel est l'auteur de deux rapports ministériels sur l'accompagnement des personnes en fin de vie. Elle a publié, chez Robert Laffont, La Mort intime, L'Art de mourir, Nous ne nous sommes pas dits au revoir et Le Souci de l'autre (prix Livres et Droits de l'homme de la ville de Nancy).

L’avis des lecteurs J

Le titre part de cette fameuse île au Japon où les habitants sont centenaires. C'est une belle leçon sur l'art de vieillir par l'auteur du roman bien connu grâce à la préface de François Mitterrand : "La mort intime : Ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre".  C'est même un éloge de la vieillesse, si on accepte le déclin obligatoire des corps, un détachement du corps qui amène la sérénité, une certaine sagesse…

« La nouveauté, lorsqu’on est devenu vieux, vient toujours de l’intérieur. Une sensibilité nouvelle, une perception sensuelle s’affine avec l’âge et mystérieusement, augmente tandis que le corps s’amenuise. »

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incipit

 Incipit ou Le Commencement de Maurice Bellet

 Desclée de Brouwer (7 octobre 1992) - 2220033422 - Essai

Extrait :

Qu'est-ce qui reste quand il ne reste rien ? Ceci: que nous soyons humains envers les humains, qu'entre nous demeure l'entre nous qui nous fait hommes. Car si cela venait à manquer, nous tomberions dans l'abîme, non pas du bestial, mais de l'inhumain ou du déshumain, le monstrueux chaos de terreur et de violence où tout se défait.

Cette mutuelle et primitive reconnaissance, c'est en un sens le banal et l'ordinaire de la vie.

C'est ce qui s'échange dans le travail partagé, dans les gestes simples de la tendresse, dans les conversations au contenu peut-être dérisoire, mais où pourtant l'on converse, face à face, présentspour s'entendre. C'est ce qui subsiste et resurgit dans les situations extrêmes: quand quelqu'un va mourir (du sida, d'un cancer, de vieillesse...),quand quelqu'un, par âge ou accident, est réduit à 1'hébétude, ou qu'il se trouve noué dans l'angoisse, ou quand une mère regarde pour la première fois l'enfant qui vient de sortir d'elle.

Alors il arrive qu'un presque rien, la lumière d'un visage, la musique d'une voix, le geste offert d'une main, tout d'un coup disent tout; et que par exemple cet épuisé qu'on croyait noyé dans l'absence signe, d'un mouvement presque invisible, la présence de la présence.

Parole, primordiale parole où se désigne l'humain de l'humain. Elle peut être sans mots, dans l'aube impalpable du langage. Et si des mots la disent, ils sont chair et esprit, pétris d'une substance qui les exhausse au-dessus du langage ordinaire.

L’avis des lecteurs J

C'est très beau et très inspiré. Une merveilleuse lecture à voix haute par Anny qui nous explique : "c'est quelque chose que j'ai envie de partager. Je le lis et le relis sans cesse". 

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