Pour une fois, les lecteurs se sont retrouvés à la Maison d’Huez pour un rendez-vous très théâtral, rythmé par les lectures à voix haute et la mémoire locale.

Ont participé : Michel Bayard, Anny Chameroy, Brigitte Faverjon-Roche, Paulette et Bernard Jacquemet, Sandrine Mosca, Christian Moulin.

On commence par une digression sur la presse, le métier de correcteur

 et sur cette grave question: l’origine du mot “coquille”!

Voici ce qu’en dit le Centre Nationale de Ressources Textuelles et Lexicales :

f) TYPOGR. Faute résultant de la substitution d'une lettre à une autre : 4. ... une revue parisienne venait de publier un de ses poèmes avec des fautes d'impression, coquilles aussi larges que des bénitiers, vastes comme la conque d'Aphrodite.            A. France, Le Lys rouge, 1894, p. 125.

Rem. Cet emploi anal. se rattache peut-être à l'accept. A 1 b spéc., gastr. coquille St Jacques (certains imposteurs faisaient le commerce de fausses coquilles, les coquilles St Jacques marquant l'accomplissement d'un pèlerinage à St Jacques-de-Compostelle); ou plus simplement à la forme que prend p. ex. une lettre renversée et comme retournée sur elle-même.

Et sur Wikipedia, on trouve :

Une coquille est une erreur de composition en typographie, que ce soit par omission (bourdon), par addition, par interversion, ou par substitution de caractères, initialement dans les ouvrages imprimés, puis par extension sur support dactylographique et informatique — où l'on parlera aussi de faute ou d'erreur de frappe ou de saisie. Selon plusieurs auteurs, et probablement à l'origine, la coquille est strictement une erreur de distribution : l'opération qui consiste à remettre dans leur casse les caractères en plomb, lorsqu'une impression est terminée. Lors d'une nouvelle composition, le typographe prendra dans un cassetin un caractère qui ne devrait pas s'y trouver. Dans ce sens précis il est évident qu'aujourd'hui la coquille n'existe plus, ou très peu, vu la disparition quasi généralisée de la composition en plomb.

Étymologie : Plusieurs légendes circulent sur l'origine du mot « coquille » en typographie. La coquille Saint-Jacques, symbole des pèlerins, était l'emblème de nombreux imprimeurs et les références au pèlerinage abondent dans le jargon des typographes (aller à Saint-Jacques, bourdon, etc). On a pu y voir un symbole de rachat, de purification, donc de correction après une faute. En même temps, le mauvais côté des coureurs de routes, qui avait fait nommer Coquillards des gens promis au gibet, suggérait directement la faute. Les imprimeurs lyonnais s'appelaient eux-mêmes Suppôts du Seigneur de la Coquille, la coquille étant souvent une joyeuse farce. Selon l'une de ces légendes, suite à une délibération sur le calibrage des œufs de poule à l'Assemblée nationale, le Journal officiel publia le texte avec une erreur typographique : la lettre « q » fut omise dans le mot « coquille », avec le résultat cocasse que l'on imagine. Le 26 mars 1955, Boris Vian a écrit une de ses lettres au collège de ’Pataphysique sur le sujet ; il s'agit d'un autoréférent, un typographe ayant un jour oublié le « q »... Cependant, la disparition de la lettre « q » ne constitue pas une coquille au sens originel, mais un bourdon. Dans les deux cas, « couille » aussi bien que « coquille » sont restés pour parler d'une bourde, d'une erreur, même si le second est considéré comme plus convenable.

Une autre légende circule, donnant pour origine du mot « coquille » le fait que du blanc d'oeuf était utilisé pour nettoyer les plaques d'impression. Et de temps en temps, en cassant l'oeuf pour récupérer son blanc, un bout de coquille d'oeuf se cassait et venait se coller, créant une imperfection lors de l'impression. Par dérision, il fut ensuite pris l'habitude d'attribuer aux « coquilles » toutes les erreurs d'impression. Toutefois, le terme apparaît dès 1723, dans La Science pratique de l'imprimerie de Fertel : « c'est pourquoi ſi un Compoſiteur ne ſçait bien l'Ortographe , il eſt ſujet à faire quantité de coquilles. a                                                                                                                                                                                                                                    a Ce mot ſignifie jetter les Lettres dans une place pour un autre. »

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Quand on suit un lecteur du café littéraire  sur les ondes…

En effet, Any Chameroy nous indique une émission de France Culture à laquelle son frère, Jean Héraud qui nous avait le plaisir de sa présence au dernier café littéraire, a participé. C’était le 18 août dans l’émission “Sur les docks”, un documentaire d’Alexandre Héraud, le fils de Jean, sur un texte original de Jean et c’est à découvrir  

Mémoires - Misia Sert : mémoires troubles (Rediffusion)

Sans titre"La nuque de Misia", E. Vuillard, 1897-

Un documentaire d’Alexandre Héraud et Yvon Croizier - Rediffusion de l’émission du 15 juin 2007

Née en 1872, d’origine polonaise, pianiste élève de Fauré, épouse successivement de Thaddée Natanson, le fondateur de La Revue Blanche, du magnat de la presse Edwards, du peintre Sert, Misia fut à la fois mécène et pygmalion, à la croisée des arts. Tenant salon à Paris, elle fut l’intime de Mallarmé et de Picasso, l’inspiratrice de Proust et de Cocteau, le soutien de Diaghilev et de ses Ballets Russes. Elle a été peinte et célébrée par les plus grands artistes de son temps : Renoir, Vuillard, Bonnard, Toulouse-Lautrec, Vallotton...
Après le décès en 1945 de son troisième époux, le peintre catalan Jose Maria Sert, Misia décide de dicter ses mémoires à son dernier confident, Boulos Risltelhueber. On ignore à peu près tout de ce dernier, qui fut le secrétaire de Sert et que ses amis surnommaient « l’ectoplasme » ou encore « le plus élégant de nos fantômes ». Il s’agit cependant certainement de la dernière amitié romantique de Misia selon ses deux biographes américains les pianistes Gold et Fizdale. Une « amitié passionnée » comme la présentait parfois Boulos à qui Misia dévoila plus d’elle-même qu’elle n’en avait révélé aux hommes avec lesquels elle avait entretenu des relations passionnelles. Boulos hantait son appartement de la rue de Rivoli, légué par Sert, devenu un véritable entrepôt de souvenirs. C’est lui qui servait à Misia de pourvoyeur de morphine, drogue dont elle était devenue grande consommatrice à l’instar de son amie Coco Chanel. Mais si pour Chanel la drogue était un sédatif inoffensif, pour Misia elle représentait l’oubli... Devenue aveugle, triste et esseulée, la fin de la vie de Misia - elle mourra le 15 octobre 1950 à l’âge de 78 ans - est le plus sombre épisode, souvent passé sous silence, d’une vie exceptionnelle qui n’eut que peu de pareil dans la première moitié du XX° siècle. À l’aide d’une tentative de dialogue restituant ce qu’auraient pu être ses échanges avec Boulos, lors de la rédaction de ses Mémoires, s’articuleront les souvenirs de ceux l’ayant connue et des éclairages de personnes ayant étudié la place qu’elle a occupée dans les milieux des Arts et des Lettres. Une trajectoire impressionnante qui fit écrire à Proust qu’elle était « un monument d’histoire » et à Paul Morand : « Misia est placée dans l’axe du goût français comme l’aiguille de Louqsor dans l’axe des Champs-Elysées ». Dans ce récit, nous oscillerons entre ombre et lumière, mystères et vérités en tenant de comprendre qui était Misia et quelles traces elle laisse encore dans les mémoires.

Avec :
Isabelle Dauge-Godebski, fille du petit-neveu de Misia ; Denise Viennet, de la seigneurie de Peyrat ; Monique et Edouard Gellusseau ; David Lamaze, auteur de Le cygne de Ravel (Michel de Maule) ; Dominique Marny, petite-nièce de Jean Cocteau ; Misia et Aurélie Godebska ; Lamine NDiaye.



Et les voix de Nathalie Nerval et Michel Hermon sur un texte original de Jean Héraud.


Production : Alexandre Héraud
Réalisation : Yvon Croizier

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