C'était le 13 juillet, au soleil sur la terrasse du café d'Huez… Voici le compte rendu de ce café littéraire du mois de juillet.

Dans cette 1re partie

  1. les romans épistolaires
  2. les talents Cultura en avant-première
  3. les coups de cœur des bibliothèques d'Al'Pages (La fiche est à rendre à la bibliothèque avant la fin de la saison estivale)
  4. Le thème d'Al'Pages de l'année prochaine en avant-première

Nous avions évoqué lors de la fête du pôle culturel le renouveau des romans épistolaires, un genre né au XVII siècle et très prisé au XVIII siècle.

Dans les grands classiques, on retrouve Les liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos, publié en 1782, Lettres persanes, de Montesquieu, publié en 1721, La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau, publié en 1761.

En 2009, une fiction historique épistolaire fait fureur : Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, traduit par Aline Azoulay-Pavcon, chez NIL (voir là )

Pour prolonger cette tradition épistolaire, en remplaçant les courriers classiques par les mails, voici deux romans français à découvrir

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Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

 

Editeur : Grasset (31 mars 2010)
Collection : Littérature Etrangère
ISBN-10: 2246765013
ISBN-13: 978-2246765011

En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s excuse, et, peu à peu, un dialogue s engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l un pour l autre une certaine fascination. Alors même qu ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l autre... De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d un chagrin d amour. Un jour, pourtant enfin ! , ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s imposent une règle : reconnaître l autre qu ils n ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler...

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Il nous est déjà arrivé de faire une faute de frappe dans une adresse mail, et de recevoir le retour d'un inconnu. Cela ne va pas plus loin, sauf pour l'auteur qui imagine la suite… C'est cet échange improbable qui fait le charme du roman, et qui permet de développer le thème de nos relations, sentimentales ou pas, virtuelles.
La lecture est aisée, rapide et avec suffisamment de rebondissements pour que l'on ne s'ennuie pas. C'est tendre et léger, une jolie modernisation du genre !


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Et je danse, aussi de Anne-Laure BONDOUX et Jean-Claude MOURLEVAT

Editeur : Fleuve éditions (12 mars 2015)
ISBN-10: 2265098809
ISBN-13: 978-2265098800

 

Pour Pierre-Marie, romancier à succès (mais qui n'écrit plus), la surprise arrive par la poste, sous la forme d'un mystérieux paquet expédié par une lectrice. Mais pas n'importe quelle lectrice ! Adeline Parmelan, " grande, grosse, brune ", pourrait bien être son cauchemar... Au lieu de quoi, ils deviennent peu à peu indispensables l'un à l'autre. Jusqu'au moment où le paquet révèlera son contenu, et ses secrets...

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Deux auteurs jeunesse de renom qui se lancent dans le roman épistolaire à quatre mains ! De quoi donner envie de plonger sans hésitation. Ce n'est pas un chef-d’œuvre, mais c'est frais, touchant, bien enlevé et même poétique et ça se lit avec plaisir… Les personnages sont attachants, et l'on se pique au jeu de l'échange, des questions… L'on sent que le roman s'est très probablement construit autour de véritables échanges par mail, et c'est ce qui l'ancre dans le réel et le quotidien. Un livre sans prétention mais malgré tout avec de jolis passages et une intrigue qui tient en haleine.


Puis nous avons découvert en avant-première quelques romans de la rentrée littéraire de Cultura (voir le palmarès complet )

Parmi les "Talents Cultura 2017", deux ouvrages ont été présenté

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Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer

Editeur : Les éditions de l'observatoire (23 août 2017)
Collection : LITTERATURE/SC.
ISBN-13: 979-1032900710
ASIN: B06XSXZGD2

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L’auteur est journaliste avec des ouvrages sur le terrorisme. C’est son premier roman.

 UN COUP DE CŒUR !!!

Le livre se passe en Allemagne, en avril 1945, les derniers jours du Reich. Deux histoires croisées, convergentes, chacune à un bout de l’Histoire.

D’un côté Magda Goebbels, la femme du ministre de la propagande d’Hitler, la femme le plus puissante du III Reich comme elle est communément appelée.

De l’autre, la grande marche d’Ava, 3 ans, survivante du KZ bordel d’Auschwitz, détenant un précieux fardeau : des lettres, des témoignages provenant des camps, dont les lettres du père adoptif de Magda, juif renié, nié par sa fille Magda…

« Tu les as lues ces lettres ? Répète-t-elle.

- Oui. Les siennes et celles de ceux qui les ont portées. Ils ont tous raconté leur histoire. Et je suis, nous sommes, toi et moi, le dernier maillon de cette chaîne… »

C’est un roman historique. Tout est vrai et tout est romancé. Comme le signale l’auteur dans sa postface, « Tout est là. Contenu en filigrane. Les récits, les témoignages, les travaux d’historiens sont présents à chaque mot, à chaque ligne. Discrets. Mais là, comme autant de garde-fous ». Seules les lettres du père adoptif de Magda sont inventées, mais ce qu’elles racontent est vrai. Tout comme cette tentative de comprendre comment une mère peut tuer froidement ses 6 enfants. C’est la même incompréhension aujourd’hui face à celles qui congèlent leur bébé… Pourquoi ? Comment ? Que reste-t-il de leur humanité ?

L’écriture est aisée, fluide, vivante, qui porte et emporte. Le récit alterne avec les lettres, de la poésie pointe sous l’horreur, l’émotion est là, pas envahissante, pas larmoyante, juste un puissant mouvement de fond. Des phrases qui touchent, un sens de la formule :

« Frivole, joueur, buveur, instable, ce prince, charmant par le sang et détestable par l’esprit, vivait en marge de sa famille »

« Qui donc lui apprendra les mots brodés des fleurs ? La beauté de l’aster. Sa résonance latine. Ad astra per espera. Qu’il est long le chemin qui mène aux étoiles ! »

La structure est parfaitement maîtrisée avec ses allers-retours dans le temps et les lieux, qui croisent l’histoire, se répondent, s’éclairent, dans une même plongée de deux visages de la folie.

Conclusion : un vrai coup de cœur pour ce roman historique passionnant à la belle écriture (c’est le 3e roman historique reçu ! La rentrée sera historique J). Je me suis laissée emporter dans ce tourbillon de l’Histoire, m’attachant à tous ces personnages touchants. Oui même à Magda dont on devine les failles sous l’ambition forcenée. Un livre pour ne pas oublier, mais aussi un livre qui fait ressortir l’humanité sous l’horreur, sans occulter que c’est cette même humanité qui est l’origine de cette horreur…

« Mais il y aura toujours un scribe pour recopier, un homme pour lire, un écrit quelque part. Vous êtes l’incarnation de notre pire ennemi : l’oubli… Mais vous ne volerez pas notre histoire »

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Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier

Editeur : Albin Michel (23 août 2017)
Collection : A.M. ROM.FRANC
ISBN-10: 2226400192
ISBN-13: 978-2226400192

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Emmanuelle Favier est correctrice-relectrice pour Mediapart. Elle est l’auteure de nouvelles, de poèmes et de pièces de théâtre.

« Le courage qu’il faut aux rivières »est son premier roman.

Cette histoire insolite nous entraîne dans les pas d’une « vierge jurée » : ces femmes albanaises qui, socialement, deviennent des hommes, bénéficiant ainsi d’avantages traditionnellement réservés aux hommes. Cette institution coutumière, qui permettait de combler un déficit d’hommes dans une famille ou d’échapper à un mariage arrangé, est toujours vivace dans les hautes terres du nord de l’Albanie où désormais, elle permet à certaines femmes de vivre leur homosexualité.

En 200 pages, l’on suit le destin de deux femmes devenues hommes qui finissent par se rencontrer et s’aimer. Une rencontre improbable, caché, mais qui fait ressortir les failles de l’institution coutumière, qui pose le problème de la construction de l’identité à travers la construction sociale du genre…

L’auteure précise que l’intention n’est pas documentaire, que certaines scènes mélangent exactitude historique et éléments totalement imaginaires, et qu’elle a cherché à conserver la pleine liberté créatrice.

Et effectivement, tout le début du roman semble figé dans un passé indéfini, et le présent ne se glissera que timidement, par petites touches, avec la reconnaissance intime de leur différence.

L’écriture est poétique, et le roman baigne dans une atmosphère un peu irréelle, comme si des brumes estompaient la crudité de la violence faite à ces femmes, comme si un voile onirique les protégeait, les isolait aussi, y compris de la fille abandonnée, croisée mais non reconnue.

Le sexe est presque omniprésent, exacerbé, en réponse à l’interdit (vœu de la chasteté), à la transgression du genre.

Le roman se lit facilement, même si quelques passages m’ont perturbée et en particulier l’apparition de la fille abandonnée qui survient comme une déchirure, perturbant le rythme, l’atmosphère et même la temporalité…

Mais il me reste un je-ne-sais-quoi d’inachevé, de manque qui ne m’a pas permis d’apprécier vraiment cet ouvrage. J’ai eu l’impression que l’auteure n’allait pas jusqu’au bout de sa réflexion, que les personnages continuaient à lui échapper.

Dommage, je crains que malgré ce thème fort, l’histoire ne me laisse que peu de traces.


Petit rappel maintenant des livres en lice pour le coup de cœur 2017 des bibliothèques d'Al'Pages : la littérature argentine

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Le lieu perdu de Norma Huidobro

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Wakolda de Lucia Puenzo


Traduction de Anne Plantagenet 

Editeur : Stock (15 mai 2013)
Collection : La cosmopolite
ISBN-10: 2234071836
ISBN-13: 978-2234071834

En 1959, sur une route désolée en Patagonie, un médecin allemand pas comme les autres croise une famille argentine ordinaire et lui propose de faire route ensemble, afin d’être moins isolés. Ce médecin n’est autre que Josef Menguele. Très vite, il est fasciné par l’un des enfants, une jeune fille qui porte le doux nom de Lilith et qui est bien trop petite pour son âge. La fascination semble réciproque : elle ne peut quitter des yeux cet homme si cultivé et sophistiqué. Alors, quand il s’installe finalement dans la pension fraîchement ouverte par sa famille d’accueil, tout s’accélère. Surtout lorsque la mère de famille accouche de deux fragiles petites jumelles qu’il faut soigner. Traqué par des agents israéliens, il continue pourtant à vivre tranquillement, allant même jusqu’à investir dans le projet d’usine de poupées du père. Des poupées parfaites. Aryennes. 
Contrairement à Wakolda.

Wakolda, quatrième roman de Lucía Puenzo, nous entraîne au coeur d’une société argentine infiltrée par l’émigration nazie. En immergeant la figure énigmatique de Menguele dans la vie quotidienne, Lucía Puenzo s’appuie sur les détails les moins visibles de sa personnalité pour faire ressortir avec une grande subtilité l’horreur de sa pensée profonde. Un roman captivant qui entraîne le lecteur sur les routes de la mémoire.

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Livre prenant qui s'attache surtout à la psychologie du nazi, dans une atmosphère étouffante, s'attardant sur les thèmes de prédilection de l'auteure, la transformation des corps et des genres. Fascinant…
Note : l'auteure, Lucia Puenzo, a elle-même adapté son roman en film, "Médecin de famille". Un film que des spectateurs ont trouvé presque meilleur que le roman, plus abouti.


 

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Pierre contre ciseaux de Inés Garland

Traduction de Sophie Hofnung

Editeur : L'Ecole des Loisirs (5 mars 2014)
Collection : Médium GF
ISBN-10: 2211217621
ISBN-13: 978-2211217620
Alma habite à Buenos Aires. Chaque week-end, elle retrouve Carmen et Marito dans une île du delta. Avec eux, elle découvre la liberté, l'amour et la vie dure.
Mais le coup d'État du 24 mars 1976 et l'instauration d'un régime de terreur les éloignent. Le temps de l'innocence où on pouvait tout résoudre en jouant à pierre, feuille, ciseaux est révolu.
Marito l'aide à ouvrir les yeux. Révoltée et amoureuse, Alma se dégage de la gangue familiale, de son égoïsme de nantis, découvre la lutte sociale, mais aussi le visage hideux de la violence politique. Et la tragédie s'invite dans leur vie.
Une magnifique histoire d'amours impossibles et de rêves qui se perdent dans les eaux troubles du fleuve et dans les heures noires de l'histoire de la dictature argentine.

Inés Garland est née en 1960 à Buenos Aires. Après avoir exercé différents métiers comme barmaid, réalisatrice de documentaires, productrice télé, professeur de gym ou journaliste, elle se consacre à présent essentiellement à l'écriture de romans et de nouvelles. 
Pierre contre ciseaux a reçu le prestigieux prix de l'Association de littérature jeunesse d'Argentine le désignant ainsi dans son pays comme meilleur roman jeunesse de l'année 2009. Par ailleurs, traduit en Allemagne en 2013, le roman a reçu un accueil très remarqué par la presse et le public Outre-Rhin.

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Un roman sympathique dans un décor particulier, cette île du delta, avec une histoire originale et une écriture imagée.

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Luz ou le Temps sauvage de Elsa Osorio

Traduction de François Gaudry
Editeur : Métailié (29 septembre 2000)
Collection : [Bibliothèque hispano-américaine
ISBN-10: 286424358X
ISBN-13: 978-2864243588
A vingt ans, à la naissance de son enfant, Luz commence à avoir des doutes sur ses origines, elle suit son intuition dans une recherche qui lui révélera l'histoire de son pays, l'Argentine. En 1975, sa mère, détenue politique, a accouché en prison. La petite fille a été donnée à la famille d'un des responsables de la répression. Sa mère adoptive ignore d'où vient cette enfant qui lui ressemble si peu, son grand-père, le général, campe sur ses certitudes politiques et son mépris pour son gendre, tourmenté par le remords et dont le suicide ressemblera à une exécution... Personne n'a su d'où venait Luz, à l'exception de Myriam, la compagne d'un des tortionnaires qui s'est liée d'amitié avec la prisonnière et a juré de protéger l'enfant. Luz mène une enquête semblable à celles des Grands Mères de la place de Mai, mais depuis sa situation troublante d'enfant que personne n'a jamais recherchée. Cette histoire est remarquablement racontée, sur un rythme de thriller. Loin des clichés, c'est l'amour qui pousse les personnages à rechercher la vérité.

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Présenté déjà en janvier à Huez, un livre qui n'a laissé personne indifférent. Une histoire très sombre qui renvoie à toutes les affaires d'enfants volés dont la dernière en date avec les enfants de la Creuse. Une narration étrange à plusieurs voix avec entre chaque personne qui parle, les commentaires de Luz ou de Carlos, en italique.

Parmi les lecteurs, certains ont été particulièrement touchés par le contexte historique et le problème de l'adoption, d'autres ont modulé leurs commentaires, jugeant l'écriture pesante…

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Editeur : Anne-Marie Métailié (6 mars 2014)
Collection : Bibliothèque Hispano-Américaine
ISBN-13: 979-1022600804
ASIN: B00GBTM4Q2

Un garage au milieu de nulle part, province du Chaco, nord de l'Argentine. La chaleur est étouffante, les carcasses de voiture rôtissent au soleil, les chiens tournent en rond. Le Révérend Pearson et sa fille Leni, seize ans, sont tombés en panne ; ils sont bloqués là, le temps que la voiture soit réparée. El Gringo Brauer s'échine sur le moteur tandis que son jeune protégé Tapioca le ravitaille en bières fraîches et maté, et regarde avec curiosité ces gens si différents qui lui parlent de Dieu.  

Dans ce huis clos en plein air, le temps est suspendu, entre-deux, l'instant est crucial : les personnages se rencontrent, se toisent, s'affrontent. C'est peut-être toute leur vie qui se joue là, sur cette route poussiéreuse, dans ce paysage hostile et désolé, alors que l'orage approche

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Pas d'enthousiasme de la part des deux lectrices. L'atmosphère étouffante de ce coin perdu est tellement bien rendue que ça en ait irrespirable… Heureusement c'est court, tellement court que l'on ne voit pas bien où l'auteur veut en venir.

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La fragilité des corps de Sergio Olguin

Traduction de Amandine Py

Editeur : Actes Sud Editions (4 novembre 2015)
Collection : Actes noirs
ISBN-10: 2330056117
ISBN-13: 978-2330056117
La journaliste Veronica Rosenthal semble tout droit sortie d’une sitcom argentine : trente ans, belle, riche, aimant les after, le bourbon et les hommes. Elle a beaucoup d’amies aux aphorismes éloquents : «Il y a pas de marge de manoeuvre avec les mecs mariés. Ils sont comme des livres de la biblio- thèque municipale : un de ces quatre, même si tu les adores, t’es obligée de les rendre». Sa curiosité est piquée par un banal fait divers : un conducteur de train s’est donné la mort, laissant une lettre aux termes ambigus. Il y confesse quatre accidents mortels sur la voie ferrée tout en avouant sa détermination à tuer. Quand pour la justice l’affaire est close, pour Veronica commence l’enquête, qui la conduit à mille lieues de son quotidien feutré : la banlieue, les favelas, et de frustes cheminots hantés par le souvenir de corps percutés sur la voie. Avec l’aide d’un junkie en voie de rédemption et de deux gamins des rues prêts à tout pour une canette de Coca, elle affronte le monde violent et pervers des paris clandestins macabres où de jeunes garçons risquent leur vie sur les rails afin de divertir les puissants. Chairs tendres broyées sous des tonnes d’acier, ou muscles bandés d’adultes consentants aux désirs furieux : la résolution de l’enquête est dans les liens profonds qui unissent les corps, le désir et la mort.

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Une enquête journalistique sert de trame à ce polar qui se déroule dans une ville corrompue. Le rythme est lent, l'ambiance très noire et la qualité littéraire au rendez-vous. Intéressant

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Histoire de Roque Rey de Ricardo Romero

Traduction de Isabelle Gugnon

Editeur : Seuil (14 avril 2016)
Collection : Cadre vert
ISBN-10: 2021218147
ISBN-13: 978-2021218145
Abandonné par sa mère à l'âge de deux mois, élevé par sa tante, l'existence de Roque Rey prend un tour inattendu le jour où son oncle meurt. Lorsque sa tante lui demande de marcher avec les chaussures qu'elle voudrait mettre au mort dans son cercueil afin de les assouplir un peu, l'enfant quitte la maison... pour ne plus revenir. Les chaussures de son oncle conduiront Roque Rey loin de Paraná, jusqu'à Buenos Aires. Lorsqu'il reviendra dans sa ville natale plus de trente ans après, Roque Rey aura connu la dictature et ses morts, le retour à la démocratie, la terrible crise de 2001. Il aura rencontré un prêtre parricide, intégré un groupe de musique tropicale, fréquenté une enfant surdouée et des centaines de morts qui à travers leurs propres chaussures lui auront révélé un peu de leur vie. Il aura aimé et pleuré, ri et souffert, pas mal fui. Et beaucoup dansé. Sensuel, intime et planant, d'une rare maîtrise, Histoire de Roque Rey est un roman aussi fascinant qu'envoûtant.

L'année prochaine, les bibliothèques d'Al'Pages mettent à l'honneur la littérature portugaise.
Cette littérature a été assez longtemps méconnue en France mais ses grands noms attirent de plus en plus de lecteurs : Fernando Pessoa, le plus illustre , mais aussi Tavares, Cardoso, Peixoto, auxquels il faut ajouter le plus portugais des écrivains italiens, Antonio Tabucchi et les brésiliens, Jorge Amado et Paulo Coelho, auteurs de plusieurs best sellers dont L'alchimiste, paru en 1988 et aussitôt traduit dans toutes les langues.
Cet été, les bibliothécaires doivent sélectionner 7 ouvrages. Nathalie nous a fait part d'une de ses découvertes, qui sera peut-être dans la sélection 2018 !

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Mon amant du dimanche d'Alexandra Lucas Coelho

Traduction d'Ana Isabel Sardinha et Antoine Volodine

Editeur : Seuil (7 avril 2016)
Collection : ROMAN ET. HC
ISBN-10: 2021285804
ISBN-13: 978-2021285802
Profondément blessée, une femme crie vengeance : un homme l'a trahie et elle est bien décidée à avoir sa peau. Celle qui raconte cette histoire est célibataire, sans enfants et trouve dans ses cinquante ans et ses cinquante kilos une énergie sans limites. Vivant dans l'Alentejo où elle travaille comme correctrice pour une maison d'édition, elle ne quitte sa campagne qu'une fois par semaine. Elle se rend alors à Lisbonne où elle a pour mission de changer, chaque dimanche, la caisse du chat d'une amie partie en voyage. C'est entre son bureau, l'appartement de son amie et la piscine où elle fait toujours une halte qu'elle prendra sa revanche. Son plan l'occupera tout un mois et sa réussite sera totale. Ses complices ? Les livres, la natation, un été torride. Et trois amants du dimanche, aussi différents que vivifiants.

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Excellent roman ! Une belle écriture bien que crue. L'on sourit malgré l'histoire sombre grâce au franc-parler. La liaison fatale est présentée de façon humoristique. Une petite citation retenue "Plus que vérité l'amour est décision"