Vendredi, Sylviane a proposé un atelier d'écriture qu'elle a ouvert avec le bel album

Semer

  • ISBN : 2020849305
  • Editeur : Seuil (1 février 2006)

Rêver sous les grappes de glycine et t'apprendre le nom des fleurs (tu prononces bien)... Planter les bulbes, cueillir les premières poires, et te faire sentir l'odeur du foin et des violettes... Fleurs qui éclosent, fruits qui gonflent, enfant qui grandit... Des bourgeons qui frémissent pour percer la neige aux rondeurs des potirons, Béatrice Poncelet nous offre une rêverie au rythme du temps qui passe, dans le jardin que les saisons modèlent.

Béatrice Poncelet est née en 1944 à Neuchâtel (Suisse). Elle fait ses études à l’École des Arts décoratifs de Genève, puis se forme en gravure à Londres, et apprend la tapisserie en volume en Italie. Après avoir enseigné le dessin en Suisse (1968-1972), puis le cinéma d’animation à l’INA à Paris (1973-1977), elle crée et dirige un atelier municipal d’expression graphique pour les enfants et les adolescents à Thorigny sur Marne.

Elle expose dans de nombreuses villes : Zurich, Bologne, Bratislava, Barcelone, Tokyo, Berne, Nuremberg… et publie dès 1983 des albums au Seuil, Albin Michel, Syros…

Elle a obtenu de nombreuses récompenses et de grands prix pour ses ouvrages.

Béatrice Poncelet a grandi dans un atelier.
Peindre et dessiner était pour elle l’évidence même. Entourée de livres, de dessins, de gravures et de peintures, elle s’est nourrie d’une certaine forme de culture dite « classique », la littérature et la musique lui sont devenus indispensables.

« Je crois que c’est la complémentarité de ces deux moyens d’expression que j’aime et qui m’est indispensable... écrire et dessiner. Si j’y ajoute encore la typographie, l’univers, je crois, est total »

Consacrant près de deux ans à chaque livre, elle compose chaque maquette, unique, comme une partition infiniment réfléchie : texte, typographie, format, choix du papier, etc. Elle utilise diverses techniques : crayon graphite, pastel sec, aquarelle, gouache, photographie, polaroïd retouché, photomontage, photocopie détournée, collage, aérographe, gravure, etc.
Tout pour elle doit être pensé, décidé, avec exigence et minutie. Son travail est sans concession.


Les ouvrages de Béatrice Poncelet posent la question de l’intimité, de la construction de soi, de l’importance des souvenirs et du passé. Elle est attachée au temps qui passe, au cycle des saisons, à celui des générations, à la mémoire, à sa perte, à la question de la transmission…
Ses titres sont riches en nombreuses références, mélangeant les époques, les démarches, les styles. Ses citations sont littéraires, artistiques, picturales : les portraits du Fayoum, Hiroshige, graveur et dessinateur japonais (1797-1858), le nouveau roman, Benjamin Rabier (1864-1939), le « Journal de Mickey », Samivel (1907-1992), Maurice Sendak (1928 -2012) ou de citations musicales
(Mozart, Schubert, etc.)
Ils sont aussi faits de références à la mémoire de l’enfance et du jeu (cubes, dominos, Lego, mikados, loto, cartes, damiers…)

« Mon travail doit être irréprochable. On le doit aux enfants. L’enfance est la période la plus courte de la vie mais c’est celle qui marque le plus »


Pour conclure cet atelier, voici un autre livre sur le pouvoir des mots et de la calligraphie.

La Papeterie Tsubaki

Ito Ogawa

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ISBN : 2809713561 
Éditeur : Editions Philippe Picquier (23/08/2018)

Traduction de Myriam Dartois-Ako

Présentation de l'éditeur

Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l’art difficile d’écrire pour les autres. Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d’un singe, des lettres d’adieu aussi bien que d’amour. À toutes les exigences, elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin. Et c’est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre des réconciliations inattendues.

Biographie de l'auteur

Née en 1973, Ogawa Ito a écrit des livres pour enfants, des chansons pour le groupe de musique Fairlife, des textes pour des magazines de cuisine et de voyage, et des romans tous devenus immédiatement des bestsellers au Japon et en passe de le devenir en France. À découvrir également aux Éditions Philippe Picquier Le Restaurant de L’Amour Retrouvé, Le Ruban et Le Jardin Arc-en-Ciel.

 

L'avis du lecteur :

«Mais l’écriture manuscrite, celle de la main d’un être vivant, possède un supplément d’âme qui ne se résume pas à la simple beauté formelle.»

Petit bijou de délicatesse à la japonaise, de beauté à la fois précieuse et quotidienne, tout en petites touches subtiles, avec un raffinement extrême dans les détails : « Si l’enveloppe est un visage, le timbre est le rouge à lèvres qui donne le ton. En se trompant de rouge à lèvres, on fiche en l’air le reste du maquillage.  Ce n’est qu’un petit timbre, mais tellement important. Dans son choix se concentre, dit-on, la sensibilité de l’expediteur. »

C’est un livre doux et apaisant, qui fait la part belle à la poésie de la vie, qui ouvre les portes à tous ceux qui savent écouter.

"Une belle écriture ne tient pas à une graphie régulière, mais à la chaleur, la lumière, la quiétude ou la sérénité qui en émanent. J'aimais ces écritures-là."

Un récit lent, je dirais presque en langueur (dans le sens d’une mélancolie tendre et rêveuse), qui s’attarde sur l’instant présent, la saveur des rencontres, des choses, des saveurs culinaires et laisse entrevoir toute la complexité d’une culture très policée et codifiée, où l’accueil et l’ouverture à l’autre sont érigés en art de vivre.

"Malgré le nombre de commandes qu'elle avait honorées en tant qu'écrivain public, l'Aînée ne s'était jamais perdue de vue. Jusqu'à sa mort, elle avait été elle-même. Et maintenant que son corps avait disparu, elle continuait à vivre dans les calligraphies qu'elle avait laissées. Son âme les habitait. C'était ça, l'essence de l'écriture."